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Les titres donnés à Jésus


25 avril 2016

Voici le sixième article d’une série de dix articles présentés par l’équipe de rédaction du Feuillet Paroissial. On trouve dans les Écritures diverses manières de désigner Jésus. Souvent on accole à son nom des titres ou des qualificatifs. Les relire avec attention nous permet de goûter à la richesse inépuisable de la personne de Jésus.

Une réalité d’un autre âge?

Jésus l'envoyéLe titre d’envoyé a peu de résonance à nos oreilles. Nous avons tellement l’habitude et la possibilité de presque tout faire par nous-mêmes. Osons-nous tout de même reconnaître nos limites au point d’accueillir Jésus, l’envoyé du Père venu annoncer les bienfaits rêvés par Dieu pour nous?

De plus en plus, quand nous désirons communiquer avec quelqu’un, nous pouvons le faire sans grand effort et directement. Les outils de communication d’aujourd’hui – téléphones, ordinateurs – sont tellement disponibles et simples à utiliser que nous en oublions leur existence. Mais ils peuvent être fragiles… Il suffit de peu pour qu’un cellulaire tombe en panne et que les communications soient interrompues.

Ne reste parfois qu’une solution : se déplacer et transmettre directement à la personne concernée le message que nous voulions lui faire parvenir. Alors bienvenue dans le passé!

Un peu d’histoire

Cette manière de faire est celle qui a eu cours dans la plus grande portion de l’histoire de l’humanité. En effet jusqu’au dix-neuvième siècle de notre ère, on avait deux moyens de faire circuler les messages élaborés. On se servait d’un pigeon voyageur… ou on confiait le message à une personne crédible et sûre qui allait le livrer, parfois très loin.

Transporter un message était un défi logistique. Cela pouvait prendre des semaines ou des mois. Des normes de politesse particulières étaient de mise lorsque l’envoyé d’un personnage important arrivait quelque part après tant d’efforts.

Dans l’évangile de Jean

Cette dynamique est mise en scène dans le quatrième évangile, l’Évangile selon Jean :

  • Les discussions avec les juifs y véhiculent des préoccupations absentes dans les autres évangiles.
  • Il n’est pas plus question de pureté rituelle, d’observance du jeûne et du sabbat, du formalisme des Pharisiens.
  • Il est question de la foi qui doit être accordée à Jésus parce qu’il est l’envoyé du Père. Il transmet les paroles et l’enseignement du Père.
  • Sa valeur propre n’est pas le plus important.

Sa mission de mandaté valide ses propositions.

Une clé de lecture

Ainsi l’évangile utilise un modèle de relations humaines bien connu dans le monde gréco-romain. La mission comportait trois étapes : l’envoi qui crée le lien entre l’envoyeur et l’envoyé; l’exécution de la mission auprès des destinataires; le retour à l’envoyeur pour rendre compte de la mission.

Plusieurs clauses régulaient le travail de l’envoyé : obligation d’obéir à l’envoyeur; obligation de divulguer la mission confiée; égalité juridique de l’envoyé avec l’envoyeur; droit de déléguer d’autres envoyés avec des pouvoirs identiques aux siens; retour de l’envoyeur.

Voilà une clé bien utile pour ouvrir les trésors de l’évangile selon Jean et pour comprendre la dynamique de la mission si caractéristique de l’aventure chrétienne.

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