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Pour faire quoi? Pour dire quoi? Pour aller où?

Réflexions autour du virage missionnaire. Sixième de la série.

Clocher d'une église - Photo par Andrew Seaman (unsplash.com)

Une chose à se dire c’est que, parlant de mission ou de virage missionnaire, tout se passe ici. C’est-à-dire, dans un ici bien concret, là où nous avons les pieds.

Pas besoin d’aller bien loin. Pour s’en convaincre il suffit de voir, de se mettre à regarder avec courage l’Église et de façon précise celle qui est la sienne, bien incarnée dans son coin de pays.

Pour vivre « ce voir », diverses paires de lunettes s’offrent à nous.

L’une d’elles aide à établir le bilan de santé d’une paroisse. Il s’agit de la transmission de la foi, cet héritage reçu de nos parents, de l’école, du milieu ambiant, de nos contacts avec la paroisse et de la vie paroissiale elle-même.

Dans un passé encore récent, nous baignions dans la culture chrétienne. Les questions de transmission ne se posaient pas ou si peu.

Aujourd’hui il en va autrement. De plus l’intérêt d’un questionnement sur la transmission de la foi permet d’établir un parallèle intéressant entre ce qu’on peut observer dans une paroisse et ce qui se vit dans nos familles.

Nos observations peuvent se regrouper ainsi…

Pour plusieurs, même si la situation est devenue précaire, la foi semble continuer à se transmettre. À preuve on célèbre encore des baptêmes, des mariages, des funérailles, des « premières communions ».

Même s’ils viennent d’ailleurs on ne manque pas de prêtres. Nous serions alors dans une situation de continuité.

Peut-être plus réalistes, d’autres reconnaissent que nous sommes dans une situation de rupture dans la transmission de la foi. Nos familles en témoignent.

Sous un angle différent, une observation relativement facile permet de constater que de plus en plus la foi devient une affaire privée. Il n’est que de penser au débat sur la laïcité. On parle alors d’une situation de privatisation de la foi.

Par ailleurs n’assiste-t-on pas à un abandon bien tranquille, petit à petit, sans faire de vague, de la pratique religieuse et de la foi, ce que certains appellent une situation d’areligiosité pacifique.

Il n’est que de voir les paroisses qui se ferment et les églises qui se vendent sans provoquer de drame.

Pour ce qui est de la continuité, on peut en rêver. Soyons réalistes, elle n’est plus au rendez-vous. La rupture est nette. C’est ce qui nourrit la privatisation de la foi et engendre cet univers de plus en plus sans religion, cette areligiosité plus ou moins pacifique.

Mais alors, que faire?

À suivre…

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