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L’événement pascal est porteur d’une grande puissance


9 septembre 2012

Quatrième d’une série de sept articles présentés en collaboration avec l’édition nationale du Feuillet Paroissial. On y trouve évoqués quelques mots tout simples que les premiers témoins de la résurrection ont dû chercher et trouver pour dire l’indicible. Ce sont « les mots de Pâques ».
L’un de ces mots est celui de résurrection. S’il nous est familier, prend-on toujours la juste mesure de la puissance qu’il évoque?

Un mot presque banal

Le mot résurrection ne nous est pas inconnu. Il en est même presque banal depuis le temps qu’on nous le chante sur tous les tons. Mais au fait, qu’est-ce qu’il veut dire de façon précise? Comment le traduire en termes simples à quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler? Comment lever la confusion que même les évangiles entretiennent évoquant la « résurrection » de Lazare ou celle de la fille de Jaïre et ce qui s’est passé au matin de Pâques.

Simple reprise d’une vie antérieure, retour à la vie terrestre, entrée dans un état nouveau… Ce n’est pas facile de trouver le ou les mots qui pourront traduire de façon précise chacune de ces réalités. Or c’est bien ce à quoi les premiers témoins ont été confrontés.

Quand ils écrivent en grec et tentent de décrire ce que le Christ a vécu au lendemain de sa mise au tombeau, ils emploient le verbe : « egeirein ». Il veut dire : réveiller, mettre debout, relever, soulever, faire naître… Les textes nous apprennent que Jésus s’est relevé d’entre les morts.

En latin c’est le verbe « surgere » qui traduit l’action de se lever ou évoque un relèvement, un surgissement. Il aura donné en français le verbe « susciter ». Cependant, même enrichi d’un préfixe – ce qui nous donne le verbe « res-susciter » – il demeure fragile pour traduire tout l’éclat du matin de Pâques.

Un concept bien connu des « géologues »

RocheusesLe mot résurrection est plus éloquent pour traduire l’événement sans précédent qu’a vécu le Christ au lendemain de sa mort. Il est composé d’un préfixe « ré », ce qui implique une reprise et d’un radical « surrection ». Or c’est précisément ce radical qu’il importe de retenir.

S’il nous semble étranger de prime abord, il s’agit pourtant d’un mot bien français, mais connu presque exclusivement des géologues. Il a cependant beaucoup à nous apprendre.

C’est le terme technique qui traduit le bouleversement de la croûte terrestre qui est à l’origine des chaînes de montagnes. Décrivant leur naissance, les géologues parleront de la « surrection » des Rocheuses, de la « surrection » des Alpes.

On imagine facilement la puissance qui ici est en cause, quand on la compare à l’infime déplacement géologique qui a provoqué la destruction du nord du Japon en 2011.

Un mot qui peut faire trembler …

Le même radical se retrouve dans une autre expression qui, cette fois, fait trembler les chefs d’État. C’est le mot « insurrection » évoquant un soulèvement violent vécu de l’intérieur. Pensons à ce qui s’est produit dans le monde arabe.

… et surgir des montagnes

Le Christ a vécu une expérience de « surrection », de « ré-surrection » et c’est ce qu’il nous donne aussi de vivre… Or nous voilà, bien sagement, en train de célébrer sa résurrection et la nôtre. Mais savons-nous en prendre toute la mesure?

L’événement pascal est porteur d’une force « surrectionnelle » et « insurrectionnelle » capable de faire surgir des montagnes et d’engendrer une révolution. À nous d’en rendre compte.

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