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Dire la surprise de Pâques


1 septembre 2012

Troisième d’une série de sept articles présentés en collaboration avec l’édition nationale du Feuillet Paroissial. On y trouve évoqués quelques mots tout simples que les premiers témoins de la résurrection ont dû chercher et trouver pour dire l’indicible. Ce sont « les mots de Pâques ».
L’un de ces mots nous parle de glorification, mais dans un sens qui dépasse le simple fait de rendre gloire à quelqu’un.

Le pourquoi de la résurrection

Devant le Grand Conseil de Jérusalem, Pierre avait déclaré :

Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères a glorifié son serviteur Jésus que vous, vous avez livré et que vous avez renié devant Pilate, alors qu’il était décidé à le relâcher. Mais vous, vous avez chargé le Saint et le juste (Ac 3,13-14).

Croix - RésurrectionLe langage de la glorification ou de l’exaltation tente de répondre à la question : pourquoi Dieu a-t-il ressuscité Jésus que l’on avait condamné à mort?

La proclamation de la résurrection est toujours liée au rappel de la mort de Jésus, en mettant l’accent sur son innocence : « Vous avez chargé le Saint et le juste ».

La désignation de Jésus comme juste évoque une situation tragique qui a suscité un important développement du concept de la résurrection des morts.

Dieu n’abandonne pas

Le langage de la glorification naît de la conviction que Dieu ne peut abandonner le juste qui a été humilié par ses ennemis, persécuté ou mis à mort. Il en va de la vérité et de la justice de Dieu qui seul peut se prononcer sur la destinée de chaque être humain.

Le personnage du Serviteur souffrant évoqué par le prophète Isaïe est l’exemple le plus éloquent du langage de l’exaltation, en particulier dans le quatrième poème :

Voici que mon serviteur réussira, il grandira, s’élèvera, sera placé très haut (Is 52,13).

Sur la croix Jésus déjà en train de ressusciter

Les chrétiens reconnaîtront dans ce personnage énigmatique du Serviteur de Dieu la figure du Christ que Dieu exalte auprès de lui en le ressuscitant des morts.

L’application au Christ du langage de l’exaltation trouve une de ses plus belles expressions dans l’hymne de la Lettre aux Philippiens (2,7-9) :

Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, à la mort sur une croix. C’est pourquoi Dieu l’a souverainement exalté…

Quant à l’évangéliste Jean, il voit dans l’élévation de Jésus sur la croix un peu au-dessus du sol, une autre élévation, celle où il est attiré vers le Père pour partager sa gloire divine. Sur la croix, Jésus est déjà en train de ressusciter.

Dire la surprise de Pâques

Le langage de l’exaltation dit autrement la prodigieuse surprise de Pâques.

L’exaltation et la résurrection sont les deux faces d’une même réalité : l’affranchissement de Jésus des liens de la mort par la puissance vivifiante du Père. La résurrection de Jésus est le resplendissement de la gloire du Père (Jn 17,4-5).

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