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Les visages de la prière


6 octobre 2016

Voici le troisième d’une série de cinq articles consacrés à la prière. En se référant à quelques formes de prière plus familières, l’auteur en cerne les contours et en précise les caractéristiques les plus importantes comme ses principaux fondements bibliques.

Les réalités d’en haut

Les chrétiens, en marche vers la cité céleste,
doivent rechercher et goûter les choses d’en haut
(Col 3,1-2)

Adorer c’est contempler

Dans l’univers des relations interpersonnelles, parler d’« adoration », décrit une grande passion pour l’être aimé.

Dans le domaine religieux, le mot fait référence au culte rendu à une divinité. Par ailleurs, son origine nous en dit peut-être davantage.

Contemplation - Coucher de soleilAdorer vient du latin, ad orare, qui peut se traduire par prier vers, vers quelqu’un, vers quelque chose.

C’est donc dire que l’adoration a un objet précis et qu’elle invite à lui porter un regard attentif et prolongé qu’on appelle tout simplement la contemplation.

Pour un croyant, cet objet sera Dieu lui-même car l’esprit humain possède cette capacité de s’élever à l’adoration et à la contemplation de son Créateur. Qui plus est, sous l’impulsion de l’Esprit Saint nous reconnaissons que ce Dieu est un Père (Rm 8,15).

Reconnaître ce qu’il y a d’unique en Dieu

Adorer Dieu, c’est certes lui rendre hommage, mais c’est surtout le reconnaître dans ce qu’il a d’unique, à la fois comme Seigneur et maître de toutes choses, comme Amour infini et miséricordieux.

Citant l’Ancien Testament au Deutéronome (Dt 6,13), c’est ce Dieu que Jésus désigne lorsqu’il répond au tentateur : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et c’est à lui seul que tu rendras un culte (Lc 4,8).

Tout de même, il est nécessaire de se rappeler que Dieu n’est pas une idole, mais bien Quelqu’un qui aime, qui nous aime tout en nous laissant libres de répondre à son amour.

Si dans l’Ancien Testament, adorer signifie « se prosterner », dans le Nouveau Testament, le verbe désigne un « acte de respect » disant bien dans quel univers relationnel l’adoration donne d’entrer.

Comment adorer ?

Amour du prochainRapportant les paroles de Jésus, saint Jean répond à la question :

L’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité (Jn 4,23).

Une telle adoration semble être celle qui se vit du fond du cœur en toute simplicité, par opposition à tout formalisme.

Elle n’a rien d’un acte de soumission.

Rappelons-nous que pour Jésus le :

Tu adoreras le Seigneur ton Dieu devient un Tu aimeras le Seigneur ton Dieu et ton prochain comme toi-même.

Peut-on souhaiter plus beau fruit à l’adoration?

Le don de l’Eucharistie

Par ailleurs, le cadeau de l’Eucharistie fut offert aux chrétiens.

Une pratique la prolonge tout naturellement, celle de l’adoration eucharistique.

Dans la foulée de ce que nous venons de dire, elle se veut essentiellement un dialogue intime avec Jésus présent sous le signe du pain et du vin.

Elle est un cœur à cœur avec Lui.

Il me regarde et je le regarde à l’intime de moi-même.

Je peux lui exposer mes joies et mes difficultés intérieures, mes victoires comme mes peines.

Parce qu’elle est adoration, l’adoration eucharistique est elle aussi une rencontre et un dialogue.

Terminons simplement par cette courte prière :

Don de l'eucharistieMon Dieu, je t’adore
Et je te reconnais comme mon Créateur
Et le Seigneur présent dans toute la création.
Tu es celui qui est à l’origine
De cet espace infini qu’est l’univers.
Dans cette immensité que tu as créée pour nous,
Tu es présent en tout ce qui est grand et petit.
Mon Dieu, je t’adore aussi, présence mystérieuse,
En ce pain et ce vin de nos eucharisties.
Tu es mon Seigneur et mon Dieu.
Amen

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