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Faire le pont entre le visible et l’invisible


27 octobre 2011

Quatrième d’une série de dix articles sous la forme d’un petit voyage dans l’univers de la messe. En se laissant guider par des questions souvent posées, l’auteur propose un survol de cet incontournable de la pratique chrétienne.
Mais la messe n’est-elle qu’un ensemble de gestes purement symboliques sans grande importance? Bien au contraire!

La raison d’être des symboles en liturgie

Qui n’a jamais entendu dire : « Bah…, c’est symbolique »? Et tout de suite de conclure que ce n’est ni grave, ni sérieux, ni trop engageant… Mais oui, c’est symbolique! Ne dit-on pas par exemple qu’un édifice a été cédé pour la somme symbolique d’un dollar?

Voilà bien tout ce qu’il faut discréditer l’univers symbolique de la liturgie. Pourtant quand on va à la messe, mieux quand on célèbre l’eucharistie, tous les gestes posés sont symboliques. Ils en constituent l’ossature. On les appelle aussi des gestes rituels.

Mais sommes-nous conscients que le rôle des symboles n’est pas d’enjoliver, mais au contraire, de structurer et de nourrir la foi. L’univers symbolique est également celui des objets, des lieux, des espaces. À leur manière ils donnent d’entrer dans le monde de la communication comme de la communion. Et on le sent bien, le symbole est à la fois matériel et spirituel : « Une réalité concrète porteuse d’une invisible vérité ».

Réunir – Mettre ensemble – Faire le pont

Pain et vinSi dans le langage populaire la symbolique n’évoque rien de bien important, il en va tout autrement quand on remonte à ses origines. Le mot « symbole » lui-même vient d’un verbe grec qui veut dire mettre ensemble, réunir.

On l’emploie aussi pour désigner l’action de tresser ou pour parler de deux fleuves qui se rencontrent et se réunissent en un seul. La fonction d’un symbole est donc de réunir et de faire le pont.

En liturgie il a pour fonction de faire le pont entre le visible et l’invisible, entre l’image et la réalité. Lorsqu’un jour Dieu a désiré communiquer avec l’humanité, il d’abord parlé. Il s’est révélé dans l’histoire d’un peuple par sa Parole. Puis « quand les temps furent accomplis… » sa Parole s’est faite chair.

C’est ainsi que la Parole de Dieu et plus tard le Christ sont devenus pour nous des moyens bien concrets de communiquer avec Dieu, de communier à sa présence. C’est ainsi que le Christ devenu sacrement de Dieu, nous donnant d’accéder à Dieu. Il se prolonge dans les sacrements à la fois paroles et gestes.

Ne plus faire qu’un

Or parler de signes aussi sensibles qu’une parole ou un geste, c’est entrer dans l’univers des symboles. Ce sont eux maintenant qui donnent accès à la foi et à Dieu. À ce titre, ils sont indispensables. La fraction du pain à Emmaüs, le baptême de l’Éthiopien, l’imposition des mains pour le don de l’Esprit-Saint à Saül, appartiennent au passage de la non-foi à la foi.

Le symbole ne fait donc pas qu’évoquer une réalité de la foi, il donne d’y communier intimement comme deux fleuves se rencontrant à leur confluence ne font plus qu’un.

En ce sens, il est significatif que la tradition ait conservé précieusement la toute première synthèse de l’enseignement des Apôtres en l’appelant Symbole des Apôtres. Sa fonction est bien de réunir, de mettre ensemble tous ceux et celles qui partagent leur foi. Ainsi l’acte de croire à la manière des Apôtres, donne de communier à Dieu dans sa triple dimension de Père, de Fils et d’Esprit en même temps qu’à ses frères et soeurs. C’est bien cela un symbole.

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