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Témoignage…


9 novembre 2012

L’éloignement de Dieu et le retour dans sa miséricorde expriment, de manière neuve, les réalités du péché et de la conversion.

Nota Bene – Ce témoignage fut écrit le 20 janvier 2006.

« Péché »

Homme seulLe mot « péché » traîne avec lui, pour beaucoup de Québécois, une sorte de relent de vieilles peurs, de blocages et de condamnations de tout ce qui s’apparente à la vie!

De nos jours, les gens se donnent souvent bien des raisons de décrocher de la religion. Et le vocabulaire religieux en est une des premières!

Quand les gardiens de la Tradition nous répètent que le péché existe et qu’il ne faut pas avoir peur d’en parler, ils ont raison sur le fond. Mais la forme, hélas, ne rend plus service à la vérité.

Éloignement et Miséricorde

De quoi est-il donc question? Tout simplement de notre éloignement passager de Dieu. En effet, ce sont les besoins et émotions de notre être corporel qui nous poussent parfois à nous éloigner de Dieu. Mais Dieu, Lui, ne s’éloigne jamais de nous.

Dire que Dieu est Amour, c’est dire qu’Il ne nous laisse jamais tomber. Et quand l’Amour divin s’applique à notre retour vers Lui, le mot « Miséricorde » rend bien compte de cet Amour qui se fait alors accueil inconditionnel!

Mon témoignage

Pour rendre plus parlantes ces deux réalités que sont l’éloignement de Dieu et Sa Miséricorde infinie, j’ai choisi de faire appel à mon expérience personnelle d’éloignement et de retour à Dieu.

C’est durant plus de trente ans que je me suis tenu loin de Dieu. Comment cela a-t-il pu m’arriver? J’avais déjà été tellement choyé par son Amour que j’ai d’ailleurs savouré jusqu’à l’âge de 26 ans. C’est alors que j’ai commencé à perdre la foi pour ne la retrouver qu’à l’âge de 63 ans. J’en ai maintenant 68. Cela fait donc cinq ans que Dieu m’a accueilli dans sa Miséricorde.

Les circonstances

Fils prodigue
Puvis de Chavannes
Le fils prodigue
National Gallery of Art
Washington

Il ne s’agit pas ici d’une autobiographie. Mon témoignage ne servira qu’à illustrer à quel point la douleur profonde vécue dans l’éloignement de Dieu équivaut bien à ce qu’autrefois on appelait péché. Et surtout combien la Miséricorde divine peut être vécue comme un grand bonheur.

C’est à l’occasion d’une expérience humaine que j’ai crue insurmontable que j’ai senti la foi s’échapper de moi. Ça fuyait de toutes parts et j’essayais de m’y raccrocher. Cet effort dura un bon cinq ans. Mais c’était peine perdue, ma foi s’échappait de plus en plus. Les bouées tendues ne suffisaient plus.

Éloignement

Quand je pensai que la lutte pour conserver la foi ne menait à rien, je me tournai carrément contre tout ce que j’avais jusqu’alors adoré! Pour moi, Jésus n’était plus ressuscité. Il demeurait un homme d’exception, mais n’était pas plus Dieu que les grands hommes dont l’histoire gardait le souvenir. Puis ce fut l’existence même de Dieu que je remis en question.

Durant quelques années, ma croisade anti-religieuse me donnait un tel sentiment de puissance, que j’en vins à croire et à répandre l’idée que nous pouvons nous passer d’un Dieu pour diriger nos vies. J’étais l’Enfant prodigue de la parabole, au moment où il dilapidait tous ses biens dans une espèce d’euphorie et de sentiment de puissance!

Vertige

Mais on ne peut longtemps se considérer soi-même comme la fin de tout. Un terrible vertige s’empara de moi. Je me lançai alors dans la recherche intérieure. J’essayai l’ésotérisme qui me déçut beaucoup : mes études avaient développé mon esprit critique. Je voyais facilement les ficelles de tous leurs beaux discours. Après avoir lu la Cosmogonie d’Urantia, je les avais pratiquement tous mis à nu!

Je plongeai ensuite dans l’étude des différentes sciences de l’Évolution, pour essayer de découvrir qui j’étais, d’où je venais et quel était le sens de ma vie. Je crois qu’inconsciemment je préparais ainsi le terrain pour l’accueil de la Miséricorde divine. Non pas à cause des réponses scientifiques, mais bien grâce au questionnement lancinant qui ne me quittait plus.

Rupture?

Quel pouvait bien être alors mon péché, puisque je cherchais sincèrement? Je n’étais plus en rupture avec Dieu, si jamais je l’avais été. Non, je ne me disais pas athée. Agnostique plutôt, entendant par là que je ne savais vraiment pas si Dieu existait ou pas. En tout cas, si Dieu existait, j’étais certain de ne pas le rencontrer.

Tel l’Enfant prodigue de la parabole, j’avais eu besoin de m’éloigner pour redécouvrir par moi-même le sens de ma vie. Le problème, c’est que je n’y arrivais vraiment pas. Au contraire, plus je cherchais, plus l’angoisse me taraudait le cœur et l’esprit. J’en étais venu à désespérer de la vie. Je vivais dans une totale solitude et je me demandais comment en finir sans ameuter la parenté, quand le miracle se produisit.

Dieu venu à mon secours

Dieu vint à mon secours! Depuis cinq ans, je n’ai pas d’autres mots pour rendre compte du miracle qui se produisit en moi. Comment la Miséricorde divine s’est-elle manifestée à moi? En la personne d’un mystique cistercien. Je me souviendrai toujours de sa première réplique. Je n’avais pas pris de détours et avais avoué d’emblée mes idées suicidaires. « Et crois-tu que Dieu va moins t’aimer si tu te suicides? » Vlan! D’un coup renaissait en moi l’espérance : j’étais aimé! Ce fut comme si le sang se remettait à circuler dans mon cœur. J’étais aimé et je n’en revenais tout simplement pas!

Rayons de soleilEn deux rencontres avec le cher mystique, j’étais réintégré dans la Miséricorde divine. Je fis une confession générale très simple et brève : je trouvais ma foi encore trop vacillante à mon goût, et probablement au goût de Dieu. Et là, le bon père compléta la révélation : « Pour ta pénitence, tu diras à Dieu : ‘Dieu je ne te dois rien!’ »

J’hésitai… C’était comme trop! Pourtant je m’exécutai et compris du coup que, non, je ne devais rien à Dieu, puisque c’est Lui qui choisissait de tout me donner. Tout ce que j’avais à faire, c’était d’accueillir et de dire Merci. C’est à ce moment que les mercis commencèrent à pleuvoir dans ma vie. Et cela ne s’est jamais arrêté depuis.

Culpabilité et Miséricorde

Au fond, tout en Dieu n’est qu’Amour. Mais quand nous nous sommes éloignés et que nous revenons tout penauds et parfois avec un fort sentiment de culpabilité, l’Amour alors se fait pour nous Miséricorde, pardon, accueil inconditionnel.

Un ami me disait récemment que c’est quand il s’est débarrassé définitivement de Dieu que la culpabilité l’a quitté. Pour moi, ce fut exactement le contraire. La culpabilité, relent d’enfance amplifié par tous les faux pas commis par la suite, d’un coup fondit comme neige au soleil. Restait l’angoisse, car tout cela était si nouveau pour moi. J’avais encore quelques sursauts de doute. Mais cela fait maintenant cinq ans que culpabilité et angoisse m’ont quitté. S’est installée à la place une telle sérénité que mes journées se passent en actions de grâce.

Prière de confiance en la Miséricorde divine

Pour conclure, je partage avec vous une prière que j’ai écrite et qui s’intitule « Bénie » :

ArbreOh mon âme,

À chaque instant de chaque jour,
dis-toi que tu es bénie,
et tu l’es, même si tu penses parfois le contraire,
même si parfois tu ne sais comment faire,
dis-toi que tu es bénie.

Quoi que tu fasses, quoi que tu dises, quoi que tu penses,
tu es bénie;
tu es bénie dans ton être même;
tu es bénie dans tes racines de grâce,
plus puissantes et plus présentes que tes racines de mal.

La faiblesse appelle et laisse agir la force,
la souffrance appelle et dirige la joie,
le dénuement appelle et installe la richesse intérieure,
celle dont personne ne pourra te séparer,
la richesse divine triplement aimante.

Reste dans la joie :
Dieu t’habite
Il vit en toi
Il souffre en toi
Il se réjouit en toi
Il aime en toi et par toi

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