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Réflexion sur la transmission de la foi


15 juin 2012

Une réflexion sur notre vocation de chrétien à transmettre la foi, mais pas de n’importe quelle manière…

Ce texte est tirée de la revue Khaoua, Vol. XXXIII, no 2 – Février 2000 avec l’approbation de l’auteur.

Un appel qui s’adresse à notre liberté

La foi se transmet comme des rides sur le lac. On se demande beaucoup aujourd’hui si la foi peut se transmettre. Des jeunes ne croient pas et pourtant leurs parents sont croyants. On voit aussi la situation inverse : des jeunes se disent croyants alors que les parents ne veulent plus rien savoir de la religion. La foi se transmet-elle? Oui, elle se transmet. Mais attention… pas de n’importe quelle manière.

Jésus qui appelleElle se transmet comme une invitation. Jamais comme un ordre. Elle se transmet avant tout comme un appel, une invitation. Chacun-e peut répondre oui ou non, ou éviter de répondre, ou reporter à plus tard. « Venez voir », disait Jésus à ses premiers disciples qui lui posaient la question : « Où demeures-tu? » (Jn 1,39). La foi, c’est une invitation pour ceux et celles qui voudraient « voir », qui cherchent à voir.

C’est une invitation adressée à chacun et chacune, personnellement. Quand les enfants sont en bas âge, les parents répondent et choisissent pour eux : faire du patin, acheter une bicyclette ou un « rouli-roulant », aller à l’école. C’est eux aussi qui choisissent pour leurs enfants de demander le baptême, de prendre des cours d’enseignement religieux, d’aller ou non à la messe. À mesure que les enfants grandissent, c’est à eux qu’il revient de répondre personnellement. La foi, c’est une réponse personnelle à une invitation personnelle. Viens voir!

La valeur du témoignage

La foi ne se transmet pas comme un gêne héréditaire : de père en fils, de mère en fille. Et pourtant le témoignage de nos pères et mères est important. C’est de nos parents en effet que nous commençons à entendre quelque chose des secrets essentiels qui font vivre : « Je suis là », « Aie confiance », « Je ne t’abandonnerai jamais », « Tu peux compter sur moi », « Je t’aime ».

L’enfant qui entend ces secrets-là, par le visage de son père ou de sa mère, entend déjà les premiers mots de la foi, les mots qui donnent foi en soi, dans le monde, dans la vie. Et l’enfant qui ne les entend pas aura malheureusement du mal à croire en lui et en la vie.

Jeunes - TémoignageLa foi ne se transmet pas comme un virus. Elle ne « prend pas sur nous » au simple contact, comme la grippe. Et pourtant, pour croire, il faut un jour ou l’autre venir en contact avec des personnes croyantes, qui nous donnent le goût de croire.

Des personnes qu’on admire et dont on voudrait connaître les secrets de vie. Qu’est-ce qui les anime? Les rend heureuses? Leur donne du courage? Elles semblent nous dire : « Viens voir! »

Une invitation à la recherche

La foi ne se transmet pas comme un paquet tout ficelé, qui contiendrait des tas de vérités abstraites et des mots compliqués qu’il faudrait se répéter les uns aux autres, sans rien comprendre. Non. La foi nous donne cependant quelques convictions, quelques idées : sur la vie, sur le monde, sur le mal, sur l’avenir.

La foi, un jour ou l’autre, nous rend parlants. Si la foi « ça ne te dit rien », si elle ne te donne « rien à dire », c’est qu’elle est encore pour toi comme une langue étrangère, que tu ne sais pas parler. Peut-être n’as-tu pas encore dit tes premiers mots personnels de foi. « Viens voir, parlons-en! »

Route sinueuseLa foi ne se transmet pas comme la réponse d’un professeur aux questions des élèves. On pense à tort qu’elle peut donner réponse à tout. Mais non! La foi, c’est une invitation à chercher ensemble, jeunes et moins jeunes, croyants et mal croyants. On cherche, on trouve un peu et puis, on cherche encore…

La foi n’éclaire pas tout. Elle est un peu comme les phares de l’automobile : ils nous donnent assez de clarté pour avancer dans la nuit, mais ils n’éclairent pas tout le paysage.

Le drame de la transmission de la foi, c’est de vouloir apporter des réponses toutes faites. La foi aujourd’hui se transmet davantage comme une invitation à la recherche. Viens voir! Cherchons ensemble!

Une question discrète et respectueuse

La foi ne se transmet pas comme un produit que l’on voudrait vendre aux autres. C’est pourquoi elle ne se vendra jamais avec des annonces à la télévision ou des panneaux-réclame. Elle ne se transmet pas par un effort de séduction ou de marketing, mais dans le plus grand respect des libertés. Elle ne cherche pas à imposer une vision du monde. Elle se transmet comme une question discrète.

HorizonLa foi ne vise pas à conquérir. Comment pourrait-on faire pour gagner les jeunes? Pour gagner les peuples qui ne sont pas chrétiens?

Dans le passé, la transmission de la foi a été parfois conçue ainsi comme une entreprise de propagande. Il fallait convertir, de gré ou de force. Heureusement, nous avons tourné le dos à cette conception.

La foi n’invite plus à conquérir mais à explorer. À explorer tous les âges, toutes les cultures, toutes les nations. Pour y découvrir ensemble les sagesses de vie, les rumeurs de Dieu présentes dans tous les peuples. Pour y découvrir l’Esprit qui remplit l’univers. Viens voir!

Un secret de vie et de bonheur

La foi se transmet finalement comme un secret. Un secret intime. Un secret de vie. Un secret de bonheur.  Quand Jésus disait à ses premiers disciples : « Venez et voyez », il les invitait à découvrir quelque chose du bonheur.

Pendant les trois ans qu’il a cheminé avec eux, il n’a pas cessé de faire grandir en eux la capacité de faire confiance, la certitude d’être aimé, leur aptitude au bonheur. Il ne les a pas invités à marcher dans un jardin de roses. Non, il leur a appris à affronter la vie, douce et amère, avec ses joies et ses drames, en tenant ferme l’assurance du bonheur.

À quand le bonheur ?Aujourd’hui, à la place de la question : « Es-tu croyant? », qui embarrasse souvent et à laquelle on répond trop vite par un oui ou par non, on devrait plutôt poser la seule question qui nous hante vraiment : la question du bonheur.

La question que l’on n’ose plus poser dans un monde devenu blasé ou cynique.  Es-tu heureux? Es-tu heureuse? Le bonheur est-il possible? Crois-tu au bonheur? Quel est le secret de ton bonheur? Quel est ton secret de vie? Où trouves-tu la force pour vivre?

La foi se transmet, aujourd’hui comme hier, comme une invitation au bonheur. « Venez voir », leur avait-il dit au premier jour, au bord du lac. Plus tard, sur la colline autour du même lac, il parlera de bonheur. « Heureux les artisans de paix… Heureux ceux qui ont faim de justice… heureux… »  Nous savons le reste : ce sont les paroles des Béatitudes. Ce sont elles avant tout qui se transmettent depuis deux mille ans, comme des promesses de bonheur, comme des rides sur le lac…

Suggestion pédagogique

Voici une suggestion pédagogique pour une animation de formation catéchétique à partir du texte de Paul Tremblay. Deux personnes (« A » et « B ») interviennent devant le groupe et laisse celui-ci intervenir au besoin, au fur et à mesure du dialogue.

A – On se demande beaucoup aujourd’hui si la foi peut se transmettre. On entend souvent : Comment se fait-il que les jeunes ne croient plus… qu’ils ne veulent plus rien savoir de la religion. On est pourtant de bons croyants… on peut se poser honnêtement la question. La foi se transmet-elle? – Oui, elle se transmet.

B – Non… je ne suis pas d’accord… la foi… c’est pas héréditaire… ça ne se transmet pas comme un gêne… de père en fils, de mère en fille… tu ne naîs pas avec la foi parce que tes parents sont croyants…

A – Et pourtant le témoignage de nos pères et mères est important. C’est de nos parents en effet que nous commençons à entendre quelque chose des secrets essentiels qui font vivre : « Je suis là », « Aie confiance », « Je ne t’abandonnerai jamais », « Tu peux compter sur moi », « Je t’aime ».

L’enfant qui entend ces secrets-là, par le visage de son père ou de sa mère, entend déjà les premiers mots de la foi, les mots qui donnent foi en soi, dans le monde, dans la vie. Et l’enfant qui ne les entend pas aura malheureusement du mal à croire en lui et en la vie.

B – Oui mais, c’est pas comme un virus… La foi ne prend pas sur nous au simple contact, comme la grippe…

A – Et pourtant, pour croire, il faut un jour ou l’autre venir en contact avec des personnes croyantes, qui nous donnent le goût de croire. Des personnes qu’on admire et dont on voudrait connaître les secrets de vie. Qu’est-ce qui les anime? les rend heureuses? leur donne du courage? Elles semblent nous dire : « Viens voir! »

B – La foi, c’est pas comme un paquet tout ficelé, un paquet qui contiendrait des tas de vérités abstraites et des mots compliqués qu’il faudrait se répéter les uns aux autres, sans rien comprendre. Non.

A – La foi nous donne cependant quelques convictions, quelques idées : sur la vie, sur le monde, sur le mal, sur l’avenir. La foi, un jour ou l’autre, nous rend parlants.

Si la foi « ça ne te dit rien », si elle ne te donne « rien à dire », c’est qu’elle est encore pour toi comme une langue étrangère, que tu ne sais pas parler.  Peut-être n’as-tu pas encore dit tes premiers mots personnels de foi. « Viens voir, parlons-en! »

B – La foi, c’est pas comme la réponse d’un professeur aux questions des élèves. On pense à tort que la foi peut donner réponse à tout. Mais non!

A – La foi, c’est une invitation à chercher ensemble, jeunes et moins jeunes, croyants et mal croyants. On cherche, on trouve un peu et puis, on cherche encore…

La foi n’éclaire pas tout. Elle est un peu comme les phares de l’automobile : ils nous donnent assez de clarté pour avancer dans la nuit, mais ils n’éclairent pas tout le paysage.

Le drame de la transmission de la foi, c’est de vouloir apporter des réponses toutes faites. La foi aujourd’hui se transmet davantage comme une invitation à la recherche. « Viens voir! Cherchons ensemble! »

B – La foi, c’est pas comme un produit de marketing, un produit que l’on voudrait vendre aux autres.

C’est pourquoi elle ne se vendra jamais avec des annonces à la télévision ou des panneaux-réclame.

A – Elle ne se transmet pas par un effort de séduction ou de marketing, mais dans le plus grand respect des libertés.

Elle ne cherche pas à imposer une vision du monde. Elle se transmet comme une question discrète.

B – La foi ne vise pas à conquérir.

Comment pourrait-on faire pour gagner les jeunes? Pour gagner les peuples qui ne sont pas chrétiens? Dans le passé, la transmission de la foi a été parfois conçue ainsi comme une entreprise de propagande. Il fallait convertir, de gré ou de force. Heureusement, nous avons tourné le dos à cette conception.

A – La foi n’invite plus à conquérir mais à explorer. À explorer tous les âges, toutes les cultures, toutes les nations. Pour y découvrir ensemble les sagesses de vie, les rumeurs de Dieu présentes dans tous les peuples. Pour y découvrir l’Esprit qui remplit l’univers. « Viens voir! »

Elle se transmet comme une invitation. Jamais comme un ordre. Elle se transmet avant tout comme un appel, une invitation. Chacun-e peut répondre oui ou non, ou éviter de répondre, ou reporter à plus tard. « Venez voir », disait Jésus à ses premiers disciples qui lui posaient la question : « Où demeures-tu? » (Jn 1,39). La foi, c’est une invitation pour ceux et celles qui voudraient « voir », qui cherchent à voir.

C’est une invitation adressée à chacun et chacune, personnellement. Quand les enfants sont en bas âge, les parents répondent et choisissent pour eux : faire du patin, acheter une bicyclette ou un « rouli-roulant », aller à l’école.

C’est eux aussi qui choisissent pour leurs enfants de demander le baptême, de prendre des cours d’enseignement religieux, d’aller ou non à la messe. À mesure que les enfants grandissent, c’est à eux qu’il revient de répondre personnellement. La foi, c’est une réponse personnelle à une invitation personnelle. Viens voir!

La foi se transmet finalement comme un secret, un secret intime. Un secret de vie. Un secret de bonheur.

Quand Jésus disait à ses premiers disciples : « Venez et voyez », il les invitait à découvrir quelque chose du bonheur.

Pendant les trois ans qu’il a cheminé avec eux, il n’a pas cessé de faire grandir en eux la capacité de faire confiance, la certitude d’être aimé, leur aptitude au bonheur.

Il ne les a pas invités à marcher dans un jardin de roses. Non, il leur a appris à affronter la vie, douce et amère, avec ses joies et ses drames, en tenant ferme l’assurance du bonheur.

  • Aujourd’hui, à la place de la question : « Es-tu croyant? », qui embarrasse souvent et à laquelle on répond trop vite par un oui ou par non, on devrait plutôt poser la seule question qui nous hante vraiment : la question du bonheur.
  • La question que l’on n’ose plus poser dans un monde devenu blasé ou cynique. Es-tu heureux? Es-tu heureuse? Le bonheur est-il possible? Crois-tu au bonheur?
  • Quel est le secret de ton bonheur? Quel est ton secret de vie? Où trouves-tu la force pour vivre?

La foi se transmet, aujourd’hui comme hier, comme une invitation au bonheur.

« Venez voir »,  leur avait-il dit au premier jour, au bord du lac.

Plus tard, sur la colline autour du même lac, il parlera de bonheur. « Heureux les artisans de paix… Heureux ceux qui ont faim de justice… heureux… »

Nous savons le reste : ce sont les paroles des Béatitudes. Ce sont elles avant tout qui se transmettent depuis deux mille ans, comme des promesses de bonheur, comme des rides sur le lac…

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