Imprimer

Le besoin d’une présence signifiante

Deuxième d’une série de 4 articles publiés dans l’édition nationale du Feuillet Paroissial sur le thème « Comment présenter Dieu… ».
Les adolescents sont porteurs d’une spiritualité qui aspire à se déployer dans toute sa richesse et sa profondeur.

N.B. Quelques modifications mineures furent apportées à l’original, dont l’ajout de sous-titres.

Découvrir leur spiritualité

AdolescentsDans nos publicités, nos téléromans et les sketchs d’humour, l’image des adolescents est souvent très négative.

Nous avons l’impression qu’ils sont négligents, irresponsables et dépourvus ou presque de valeurs. Des préjugés semblables ne sont pourtant pas le fait de notre époque.

Une citation trouvée sur une amphore babylonienne datant de 3000 ans avant Jésus Christ se lisait ainsi : Cette jeunesse est pourrie jusqu’au fond des cœurs. Les jeunes sont méchants et paresseux. Ils ne seront jamais comme autrefois et ne pourront jamais maintenir notre culture.

Avouons que nous n’en sommes pas là dans nos jugements et de loin!

Éloignons-nous donc de ces clichés réducteurs et essayons plutôt de vérifier le genre de relation que les jeunes entretiennent avec les autres et Dieu et comment ils considèrent le culte et la prière.

Demandons-nous enfin quelles sont les valeurs qu’ils privilégient. Nous aurons alors une plus juste idée de leur spiritualité.

Le besoin d’une présence signifiante

L’amitié compte pour beaucoup dans l’univers des moins de 18 ans. Les amis deviennent vite des confidents mais ils ne sont pas pour autant des guides : Des amis j’en ai plein, disait un jeune, un père je n’en ai qu’un. J’ai besoin d’un guide et non d’un autre ami.

Ce qui vient dire que les adolescents ont besoin d’altérité pour pouvoir s’identifier à des modèles.

Les grands-parents jouent souvent ce rôle et ils peuvent aussi être des références à cause de leur longue expérience de vie.

Une grand-mère me confiait qu’elle avait sauvé sa petite-fille d’un suicide fort bien préparé, juste en l’écoutant et en lui disant qu’elle était le prolongement d’elle-même et qu’elle était sa fierté.

Ouvrir des voies

Les jeunes se sentent dépaysés dans nos églises.

La disposition des bancs les empêche de bouger ce qui a pour effet d’en faire des spectateurs bien sages qui regardent se dérouler une liturgie qu’ils ne comprennent pas.

Cependant plusieurs nous disent qu’ils s’adressent à Dieu dans les moments difficiles.

Mais mon expérience d’enseignante m’a appris que les jeunes nous font prier plus qu’ils ne prient. Ils avouent ne pas avoir les mots pour parler au Seigneur.

C’est pourquoi il est important de leur rafraîchir la mémoire en redisant lentement avec eux le Notre Père, la Salutation à Marie et à la Trinité.

Ainsi lorsqu’ils se trouveront dans un lieu où ces prières sont récitées (au salon funéraire, par exemple), ils ne se sentiront pas comme des étrangers parlant une autre langue.

À l’écoute de leurs rêves

Enfin, j’ajouterais que le souci de l’environnement, leur rêve d’un monde sans guerre témoignent en leur faveur. Ils disent sans dire que le Dieu de la Genèse qui trouvent bon, très bon ce qu’il a fait (Gn 1,10), que Celui à qui le haut des montagnes appartient (Ps 95), que le Jésus des évangiles qui a dit Heureux les artisans de paix (Mt 5,9) leur parlent toujours au cœur.

Retour haut de page