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Jésus Christ, chemin d’humanisation


9 octobre 2003

Devenir plus humain : voilà ce que proposent les évêques du Québec comme objectif aux activités de formation à la vie chrétienne.

Devenir plus humain… voilà ce que proposent les évêques du Québec comme objectif aux activités de formation à la vie chrétienne. La chose a de quoi surprendre. Il n’y pas si longtemps on aurait davantage parlé de sainteté. Et pourtant c’est bien le mot humanisation qu’emploie largement le document Jésus Christ chemin d’humanisation. Récemment publié par l’Assemblée des évêques du Québec, il veut ouvrir de nouvelles avenues aux activités de catéchèse, tant pour les adultes que pour les jeunes.

Rien de neuf pourtant…

Jésus (de Rembrandt)Lorsque le Christ fait irruption dans l’histoire de l’humanité, lorsqu’il se fait homme, il nous révèle le grand rêve de Dieu pour l’humanité : voir la vie humaine tout autant que la société s’humaniser davantage, voir toute personne libérer le meilleur de ce qui l’habite.

C’est bien ce que nous apprend son passage parmi nous et les gestes de libération qu’il aura pour la femme adultère, les dix lépreux, l’aveugle de Jéricho ou pour la fille de Jaïre morte trop jeune. Le langage est le même face aux situations d’hypocrisie qu’il dénonce…

On soupçonne alors comment l’expérience humaine personnelle et collective devient un lieu privilégié où Dieu peut se manifester et être accueilli.

Un chantier toujours ouvert

Mais comme le souligne le document, il ne suffit pas d’appartenir à l’espèce humaine pour avoir un comportement vraiment humain. Il est si facile de devenir un loup pour ses semblables. Les derniers conflits armés qu’a connu la planète sont là pour en témoigner. La barbarie est toujours possible nous redisant notre constant besoin de retournement intérieur et de conversion du cœur.

Où chercher?

Avec le brassage culturel que nous connaissons aujourd’hui, jamais nous n’aurons eu accès à autant d’information. C’est là que nous trouvons nos valeurs et que se précisent nos choix. À travers tous ces discours et bien des contradictions, les valeurs chrétiennes tentent de se frayer un chemin. Mais, ce que l’expérience chrétienne a à offrir semble tellement peu crédible aujourd’hui.

Et pourtant, à côté des leçons de la philosophie, de la sociologie et autres sciences modernes se retrouvent celles qui nous viennent des sources spirituelles et religieuses. On peut toujours les ignorer, mais à cause du Christ et de son expérience unique, chrétiens et chrétiennes ont des choses à dire et à proposer.

La proposition chrétienne

Elle se caractérise d’abord en suggérant la rencontre de la personne de Jésus Christ comme étant sa contribution propre et originale à l’humanisation des personnes et la société. De cela découle des conséquences immédiates dont la plus importante est sans doute l’affirmation de la dignité de toute personne. Le chrétien pourra dire que tous et toutes sont enfants de Dieu et à ce seul titre réclamer pour eux un respect inconditionnel.

Jésus prend soin du pauvreDans le discours chrétien, à cause de l’expérience de communion intime du Christ avec l’humanité, le bonheur et la signification de la vie s’évaluent et se comprennent en termes de relation avec les autres. On comprend alors que le travail et la lutte pour le respect de l’humanité en toute personne soient d’incontournables conditions pour grandir en humanité.

Mentionnons également, que la perspective chrétienne conduit à renoncer à se suffire à soi-même. Déjà cela devrait suffire à questionner bien des comportements et mieux à ouvrir des voies de conversion.

La route de l’Église

Lorsqu’il y a plus de vingt ans Jean-Paul II inaugure son ministère pastoral, il n’hésite pas à présenter la personne humaine comme la route de l’Église. Toute personne sans exception a du prix aux yeux du Christ. Avec chacune il vit une mystérieuse expérience de communion : s’humaniser toujours davantage ne peut que la laisser surgir.

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