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Au cœur même de la prière


19 septembre 2012

Voici un billet inspiré d’une expérience toute simple, celle d’avoir vu un petit enfant en prière. Ils ont une place de choix dans une communauté éducative.

Communier au Dieu caché

« Si vous ne devenez comme un petit enfant, vous n’entrerez pas dans le Royaume » disait Jésus.

Mais ce Royaume dont il parle, on ne peut en saisir les contours sans d’abord avoir compris l’Évangile qui le révèle, sans surtout communier à ce Dieu caché au plus profond de soi-même et du monde. Or cette communion, cette communication intime, constitue le cœur même de la prière. En conséquence, à bien comprendre Jésus, « devenir un petit enfant » serait comme un clé permettant d’entrer dans le Royaume et dans la même foulée dans l’univers de la prière et de l’évangile.

L’expérience de la confiance

Père et filsEst-ce à dire qu’il faut être naïf et un peu « attardé » pour prier et pour croire? L’intelligence adulte n’aurait donc pas sa place dans l’expérience croyante?

Penser de la sorte ne pourrait que réjouir ceux qui regardent de haut l’univers de la foi. Mais ce serait surtout se méprendre sur ce qu’il y a de beau et de grand chez l’enfant. Il n’a pas encore porté le poids de toutes ces censures qui paralysent si facilement l’adulte et l’empêchent bien souvent de faire l’expérience de la confiance radicale.

L’expérience filiale

L’enfant « tout neuf » qui s’éveille à ses parents « tout neufs » eux aussi comprend de toutes ses fibres ce que veut dire être aimé.

Quand viennent les premiers pas, la petite main posée dans la grande sait ce que veut dire la confiance. Quand les mots « maman », « papa », parviennent à s’articuler c’est que l’univers du dire et des mots vient de s’ouvrir. Ces acquis ont quelque chose de fondateur au plan de la prière comme de l’ensemble de l’expérience croyante.

De fait on ne peut comprendre l’amour de Dieu qu’en étant aimé, qu’en ayant bien concrètement fait l’expérience d’être aimé.

On ne peut prendre la mesure de son pardon qu’à la condition de s’être fait dire, pour vrai et pour le seul motif de l’amour, « je te pardonne ». C’est à ce prix que l’amour de Dieu qui a déjà ses assises dans le cœur d’un tout petit pourra susciter une réponse.

Lorsque l’Esprit soufflera en son cœur le beau nom de Dieu, la prière pourra jaillir : « Notre Père… » Regardez alors un enfant prier, avec tout son cœur, avec tout son corps.

C’est peut-être ce que nous – les grands – avons sans cesse à redécouvrir. C’est ce que les petits ont à nous apprendre. Certes la référence parentale est pour eux toute proche, nouvelle et essentielle, mais il nous redisent ce qu’est la confiance dans sa pureté. Laissons-les nous apprendre à prier. Ils nous devancent eux aussi, sur le chemin du Royaume.


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