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Mais de quoi s’agit-il ?

Le mot résurrection nous est familier, mais en prend-on la juste mesure? N’est-il pas ce mot puissant qui a soulevé les premiers chrétiens et donné naissance à l’Église?

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Texte de la vidéo

Un mot donne sens à la fête de Pâques : le mot résurrection. Certes, il s’agit d’un mot connu… peut-être trop même, jusqu’à en devenir banal. Depuis le temps…

Mais au fait qu’est ce qu’il veut dire de façon précise? Comment le traduire en termes simples à quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler? Comment lever la confusion que même les évangiles entretiennent avec ce qui arrive à Lazare ou à la fille de Jaïre et ce qui s’est passé au matin de Pâques?

Simple reprise d’une vie antérieure, retour à la vie terrestre, entrée dans un état nouveau… Ce n’est pas facile de trouver le ou les mots qui pourront traduire de façon précise toutes ces réalités.

Tout de même, quand ils cherchent à les décrire, on constate que les évangiles le font en utilisant le langage de l’éveil, un langage qui appartient aux plus anciennes professions de la foi chrétienne.

Christ est ressuscitéCe langage exprime bien l’expérience de la rencontre de Jésus vivant, ressuscité : celui que la mort avait couché est désormais debout; celui qui s’était endormi dans la mort est maintenant réveillé.

C’est pourquoi, quand ils écrivent en grec et tentent de décrire ce que le Christ a vécu au lendemain de sa mise au tombeau, les évangélistes qui écrivent en grec emploient le verbe : « egeirein » qui veut dire : réveiller, mettre debout, se lever, relever, soulever…

Ainsi les évangiles nous apprennent que Jésus s’est levé, s’est relevé d’entre les morts.

En latin c’est le verbe « surgere » qui traduit l’action de se lever ou évoque un relèvement, un surgissement. Il aura donné en français le verbe « susciter », comme on dira « susciter de l’enthousiasme, lever de l’agressivité… » Cependant, même enrichi d’un préfixe – ce qui nous donne le verbe « ressusciter » – il demeure fragile pour traduire ce qui s’est passé au matin de Pâques.

Le mot résurrection est peut-être plus éloquent pour traduire l’événement sans précédent qu’a vécu le Christ au lendemain de sa mort. Il est composé d’un préfixe « ré », ce qui implique une reprise et d’un radical « surrection ».

Or c’est précisément ce radical qu’il faut regarder de plus près. S’il nous semble étrange et peu familier de prime abord, il s’agit pourtant d’un mot bien français, mais connu presque exclusivement des géologues. Il a cependant beaucoup à nous apprendre.

C’est le terme technique qu’ils emploient pour traduire le bouleversement de la croûte terrestre qui est à l’origine des chaînes de montagnes. Décrivant leur naissance, les géologues parlent de la « surrection » des Rocheuses, de la « surrection » des Alpes.

On imagine facilement la puissance qui ici est en cause quand on la compare à l’infime déplacement géologique qui a provoqué la destruction du nord du Japon en 2011.

Le même radical se retrouve dans une autre expression qui, cette fois, fait trembler les chefs d’État. C’est le mot « insurrection » évoquant un soulèvement violent. Pensons à ce qui s’est passé dans le monde arabe.

Le Christ a vécu une expérience de « surrection », de « ré-surrection » et c’est ce qu’il nous donne aussi de vivre… Or nous voilà, bien sagement, en train de célébrer sa résurrection et la nôtre. Mais savons-nous en prendre toute la mesure?

L’événement pascal est porteur d’une force « surrectionnelle » et « insurrectionnelle » capable de faire naître des montagnes et d’engendrer une véritable révolution.

Résurrection …

un mot tout simple,
un mot direct,
un mot puissant,
un mot habité,
un mot qui dit que la mort meurt d’avoir été envahie par la vie

Résurrection : une joyeuse nouvelle …

Une Bonne Nouvelle !


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