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Des êtres humains comme nous


10 février 2012

Premier d’une série de 4 articles publiés dans l’édition nationale du Feuillet Paroissial sur le thème « Bible et violence ».
Un premier constat s’impose : il y a présence de violence dans la Bible. La Bible parle d’êtres humains tout comme nous, des êtres qui ont précisément besoin d’êtres sauvés de leur violence.

Il y a de la violence dans la Bible…

Un premier constat s’impose : il y a de la violence dans la Bible! Et même beaucoup! Guerres, viols, meurtres, atrocités parsèment pratiquement tous les livres. Comment peut-on alors considérer la Bible comme une école de paix?

Disons d’abord que la Bible a l’honnêteté de reconnaître la violence et d’appeler les choses par leur nom. Pas de langue de bois ici! Remarquons aussi que ce sont des êtres humains comme nous qui se sont décrits dans la Bible.

Israël un peuple violent

Arbres brûlésLe peuple d’Israël ne venait pas d’une autre planète! Il était constitué d’hommes et de femmes qui, justement, avaient besoin d’être sauvés de leur violence.

Les prophètes d’ailleurs ne se gênaient pas pour dénoncer la violence, au péril parfois de leur vie. Qu’on songe à Élie dénonçant le meurtre de Naboth par la reine Jézabel (1 Rois 21) ou Nathan confrontant le roi David qui avait fait tuer Urie pour avoir son épouse (2 Sam 11).

Les prophètes dénoncent la violence comme une conséquence de la méchanceté humaine et ils cherchent à appeler les peuples à la paix:

Dieu sera juge entre les nations, l’arbitre de peuples nombreux. Martelant leurs épées, ils en feront des socs, de leurs lances, ils feront des serpes. On ne brandira plus l’épée nation contre nation, on n’apprendra plus à se battre (Is 2,4 et Mi 4,3).

Un Dieu violent ?

Mais ce qui scandalise davantage en lisant la Bible, ce sont ces passages où Dieu lui-même ordonne la violence.

Ainsi le Deutéronome comporte l’ordre de lapider toute personne qui essaierait d’en détourner une autre de la foi dans le Dieu unique, fût-ce son frère, sa soeur ou son épouse (Dt 13,1-10).

Le prophète Samuel ordonne au roi Saül d’anéantir une population païenne qui a été conquise :

Tu mettras tout à mort, hommes et femmes, enfants et nourrissons, boeufs et moutons, chameaux et ânes (1 Sam 15,3).

Dieu accompagne, il ne devance pas

Comment comprendre de tels ordres de la part du prophète de Dieu? C’est que Dieu, dans sa révélation, ne peut donner plus que le peuple ne peut recevoir. Dieu accompagne le peuple, il ne le devance pas. Il essaie de le conduire de là où il est vers plus.

Il faut rappeler aussi que, dans toutes les cultures de cette époque, l’individu ne comptait guerre : c’est le groupe qu’il fallait sauver à tout prix. Or, les populations païennes constituaient une réelle menace pour la cohésion sociale d’Israël.

Le peuple juif se comportait donc comme tous les autres peuples le faisaient autour de lui. Il faudra attendre les grands prophètes comme Isaïe, Jérémie, Jonas, pour comprendre que Dieu estime et aime l’étranger tout autant que son propre peuple.

Et nous aujourd’hui…

En lisant ces récits, ne jetons pas trop vite la pierre. Rappelons-nous que cette violence s’est révélée bien vivante au 20e siècle, dans une chrétienté pourtant vieille de 2000 ans!

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