Fils de l’homme, Fils de Dieu Les titres donnés à Jésus

Voici le deuxième article d’une série de dix articles présentés par l’équipe de rédaction du Feuillet Paroissial. On trouve dans les Écritures diverses manières de désigner Jésus. Souvent on accole à son nom des titres ou des qualificatifs. Les relire avec attention nous permet de goûter à la richesse inépuisable de la personne de Jésus.

Pour vous qui suis-je?

Quand Jésus demande à ses apôtres Pour vous, qui suis-je?, nous connaissons la réponse spontanée de Pierre : Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant (Mt 16,16).

Aussitôt après, Jésus commence à révéler à ses apôtres que le Fils de l’homme devra souffrir avant d’entrer dans sa gloire. Fils de Dieu, Fils de l’homme : deux titres qui ne doivent pas être confondus ni opposés l’un à l’autre.

C’est Jésus qui se donne le titre de « Fils de l’homme »

Le titre de Fils de l’homme est le seul que Jésus s’attribue lui-même. Dans certains cas, l’expression est l’équivalent du pronom personnel “moi” : Heureux êtes-vous lorsque les hommes… vous rejettent… à cause du Fils de l’homme (Lc 6,22; en Mt 5,11 on lit plutôt à cause de moi).

L’expression Fils de l’homme (ou fils d’homme dans l’Ancien Testament) souligne la précarité et la fragilité de l’être humain et sa petitesse devant Dieu.

L’expression évoque surtout une scène du livre de Daniel où il est question d’un fils d’homme qui, après avoir connu la persécution, s’avance sur les nuées du ciel vers le tribunal de Dieu et reçoit la royauté universelle (Dn 7,13-14).

On a rapproché ce personnage énigmatique de la figure du Serviteur souffrant qui a connu également la souffrance avant d’être glorifié et de sauver son peuple. On comprend que Jésus ait choisi cette expression pour se désigner et évoquer les souffrances de la passion et la victoire de la résurrection sur le péché et la mort.

Ce sont les autres qui l’appellent « Fils de Dieu »

Jésus ne se donnera jamais le titre de Fils de Dieu car ce titre porte à confusion : d’une part, il renvoie à un titre royal; d’autre part, il équivaut à un blasphème contre le Dieu unique de la foi juive. Mais il faut reconnaître que Jésus, en parlant de Dieu comme de son Père, souligne la relation intime qui les unit.

Ce sont toujours les autres qui attribuent ce titre à Jésus, soit le Père au moment du baptême et de la transfiguration où l’apôtre Pierre lors de sa profession de foi, soit le tentateur et les ennemis de Jésus comme le grand prêtre Caïphe durant le procès.

Il ne faut toutefois pas chercher dans tous ces usages la désignation de la deuxième personne de la Trinité, mais une base que les théologiens du 5e siècle utiliseront pour en définir le dogme.