La messe : comme une danse à quatre temps… La structure de la célébration eucharistique est somme toute assez simple

Cinquième d’une série de dix articles sous la forme d’un petit voyage dans l’univers de la messe. En se laissant guider par des questions souvent posées, l’auteur propose un survol de cet incontournable de la pratique chrétienne.
Si la célébration eucharistique peut sembler complexe, sa structure est toute simple.

Comme une danse bien réglée

L’eucharistie compte deux parties essentielles, deux liturgies, qui s’organisent autour de deux lieux bien précis, deux tables en fait, celle de la Parole (l’ambon) et celle du Pain (l’autel).

S’ajoutent à ces deux parties une introduction et une conclusion, ce qui nous donnent quatre temps bien précis retrouvés d’ailleurs dans toute célébration liturgique. Ces quatre temps leur donnent un rythme propre et bien caractéristique, un peu à la manière d’une danse bien réglée.

Une mise en route

Quand on se retrouve à la messe, il est important d’en avoir le schéma bien en tête. Le premier temps de la célébration est destiné à la mise en route. Chant d’ouverture, salutation, préparation pénitentielle, hymne joyeuse, autant d’éléments destinés à nous préparer le cœur à l’écoute de la Parole et à l’action de grâce.

Ce premier temps se termine par la prière du président habituellement précédée d’une pause afin de nous permettre de formuler nos propres intentions. C’est tout le sens de l’invitation : Prions le Seigneur… L’oraison ou la prière qui suit rassemble celle de l’assemblée.

L’écoute de la Parole

Le deuxième temps est celui de la Parole. En trois ans – les années A, B et C – une ingénieuse répartition des textes majeurs de la Bible permet de couvrir l’ensemble de l’histoire du salut. On entend d’abord un texte du Premier Testament prolongé par un psaume, puis tiré du Nouveau Testament, un extrait d’une lettre d’un apôtre. Une page d’évangile complète toujours la proclamation des textes tirés des Écritures. Le tout est accompagné d’un commentaire appelé homélie conduisant à la profession de foi et à la prière universelle. Cette dernière conclut la liturgie de la parole.

Louange et action de grâce

Puis vient la préparation des dons. Elle permet une pause avant de passer au troisième temps de la célébration, celui de la liturgie eucharistique. Elle s’ouvre sur une louange qui d’entrée de jeu donne le ton : Vraiment il est juste et bon… C’est la Préface. Comme celle que l’on trouve au début d’un livre, elle précise et donne un sens particulier à la prière qui va suivre. Elle introduit la prière eucharistique, c’est-à-dire la prière d’action de grâce. Celle-ci est essentiellement trinitaire puisqu’adressée au Père par l’intercession de son Fils.

L’Esprit Saint n’est pas oublié pour autant. Structurée autour du récit de l’institution de l’eucharistie, la prière eucharistique est encadrée de deux invocations à l’Esprit Saint appelées épiclèses. L’une sur le pain et le vin, l’autre sur l’assemblée, toutes deux demandent sa venue toute particulière.

La prière eucharistique se conclut solennellement en précisant bien le rôle de chacune des personnes de la Trinité : Par lui (c’est-à-dire le Fils) avec lui et en lui, à toi Dieu le Père… dans l’unité du Saint-Esprit… tout honneur et toute gloire!

La célébration se poursuit avec le rite de communion introduit par la récitation ou le chant du Notre-Père et par un signe de paix. Ce sont là deux gestes bien caractéristiques de ceux et celles qui se reconnaissent disciples du Christ. Suit le partage du pain eucharistique accompagné du chant de l’Agneau de Dieu préparant à la communion. Le Christ ressuscité se fait alors nourriture pour ceux et celles qui veulent bien tendre la main.

L’envoi en mission

Enfin vient le quatrième temps et non le moindre malgré sa brièveté. C’est l’envoi. Le président dira : Allez dans la paix du Christ… Mais cet envoi est aussi celui d’une invitation à la mission. Ne sommes-nous pas les porteurs de paix et les témoins dont il a besoin? Nous aurons l’occasion d’y revenir.