Il a souffert sous Ponce Pilate… ... a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers

Quatrième d’une série de douze articles publiés dans l’édition nationale du Feuillet Paroissial sur le thème « Des mots nouveaux pour dire le Credo ».
« Il a habité parmi nous, il a souffert sous Ponce Pilate et a été crucifié. Il a connu le rejet, la mort et le passage vers la vie. Avec lui, il a appelé à la résurrection toute l’humanité. »

« Il a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers. »

« Cet homme, vous l’avez fait mourir en le faisant crucifier »

Nous faisons ici un saut de trente ans en passant du troisième article au quatrième. Nous retrouvons ces affirmations d’abord en Matthieu 27,2 : « Ils le lièrent, ils l’emmenèrent et livrèrent à Pilate. »

Un peu plus loin dans les Actes des Apôtres 2,23.31 on dit : « Cet homme, vous l’avez fait mourir en le faisant crucifier par la main des impies et Il n’a pas été abandonné au séjour des morts. »

Enfin, la première épître aux Corinthiens rapporte que « Le Christ est mort pour nos péchés, il a été enseveli. » J’en retiens que les apôtres et les premiers chrétiens avaient à coeur de transmettre ce sur quoi ils étaient d’accord. Comme nous, ils n’avaient pas le goût de laisser passer des demi-vérités.

Pilate a bel et bien existé

Par exemple, pendant longtemps on a douté de l’existence réelle de Pilate. Elle fut confirmée en 1961, lorsque des archéologues italiens fouillèrent la ville de Césarée maritime. Cette cité avait été construite par le roi Hérode le Grand au service de l’occupant romain.

Au cours des fouilles, les chercheurs y déterrèrent parmi les blocs d’un ancien théâtre, une dalle de calcaire gravée qui portait l’inscription latine suivante « Tiberium Pontius Pilatus Prefectus Iuda »: À Tibère Ponce Pilate Préfet de Judée. Plus on cherche, plus on se rapproche de la vérité.

Jésus « est descendu aux enfers » : qu’est-ce à dire?

Le texte du Credo dit de Jésus qu’il « est descendu aux enfers. » Qu’en est-il de ce lieu? Ce n’est certes pas l’enfer dont on parle habituellement. L’expression plurielle « les enfers » correspond chez les juifs au « Sheol », un terme hébraïque intraduisible, ou encore à l’« Hadès » chez les grecs.

Ces diverses expressions désignent le « séjour des morts » ou mieux, la « tombe commune de l’humanité ». Affirmer que Jésus y descend après sa mort, c’est dire qu’il s’est préoccupé de conduire avec lui à la lumière de la résurrection tous les morts depuis les origines de l’humanité.

Nous mourrons de la mort de Jésus Christ pour vivre de sa vie par l’Esprit. Après le départ de Jésus, les apôtres ont du choisir des mots bien humains pour tenter d’expliquer des réalités qui les dépassaient.

Une nouvelle formulation

Après toutes ces explications comment pourrais-je redire ces affirmations de foi en des mots plus proches de nous? Je m’essaie :

« Il a habité parmi nous, il a souffert sous Ponce Pilate et a été crucifié. Il a connu le rejet, la mort et le passage vers la vie. Avec lui, il a appelé à la résurrection toute l’humanité. »

Certes, nous avons le témoignage des apôtres et des premiers chrétiens. Ils n’ont pas fait de reportage sur la vie de Jésus à la manière des journalistes. Ils ont parlé de ce qu’ils ont vécu avec lui dans les moments de peine comme dans les moments de joie.