Prendre le chemin de la liberté « Mon être m’attend »

L’être humain dispose d’une faculté de choisir. Il se distingue notamment du monde animal par une volonté qui est au service d’une liberté encore plus fondamentale, celle de la liberté intérieure, celle de la liberté d’être.

Cet article a été rédigé à partir de l’ouvrage « Freedom beyond freedom » (p. 0-48) par Henri Boulad s.j., Éditions Jésuites, Caire, Égypte, 2008, 189 p.

La liberté de choix : un fait et un acte de foi tout à la fois

Les sciences modernes n’ont de cesse de mettre en lumière la somme impressionnante d’influences dont nous sommes l’objet.

L’être humain est déterminé par son hérédité, par sa petite enfance, par son éducation, par son environnement… au point tel que des chercheurs n’hésitent pas à affirmer que le comportement humain n’est que le fruit de ses conditionnements. C’est la thèse du déterminisme.

Pourtant, en dépit de nos multiples influences, tous nous expérimentons une volonté capable de faire des choix et de prendre des décisions, au point tel que le philosophe Henri Bergson n’hésitait pas à affirmer que bien qu’indéfinissable et indémontrable, la liberté de choix est un fait qui s’impose, un fait que l’on peut décrire en se référant à l’expérience vécue.

Photo par Javier Allegue Barros (unsplash.com)

Pour un chrétien, impossible que le message de l’Évangile avec ses maints appels au changement et à la conversion ait un quelconque sens si l’être humain n’est pas doté d’une liberté de choix et s’il n’est le fruit que de déterminismes.

L’être humain dispose d’une faculté de choisir. Il se distingue notamment du monde animal par une volonté qui est au service d’une liberté encore plus fondamentale, celle de la liberté intérieure, celle de la liberté d’être.

Comme l’affirmait Albert Camus, « l’homme est la seule créature qui ne peut accepter d’être ce qu’elle est. »

Pour l’évangile, la liberté véritable est l’objet d’une conquête :

Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » (Jn 8,31-32)

Nous sommes appelés à reconnaître que nous sommes responsables de nos choix, de nos actes comme de leurs conséquences.

Nous ne pouvons pas nous déresponsabiliser en affirmant « que ce n’est pas de notre faute » ou que « nous n’y sommes pour rien ».

En nous créant à son image, le Seigneur nous a donné le pouvoir de devenir de véritables créateurs, artisans de notre transformation personnelle comme celle du monde.

Il est intéressant de constater que la liturgie eucharistique nous invite dès le début de la célébration, tout particulièrement dans le rite pénitentiel, à reconnaître que nous bénéficions de ce grand don qu’est la liberté de choix.

Oui, nous aurions pu faire autrement. C’est pourquoi nous demandons la grâce de choisir dans le sens de la vie et de l’amour qui se donne, bref, dans le sens de la véritable liberté.

Se mettre au défi, prendre le chemin de la liberté

Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. » (Mt 16,24-25)

En faisant référence au thème de la croix, l’Évangile nous invite à reconnaître que la quête de la liberté véritable n’est pas chose facile. Elle est de l’ordre de la conquête tout autant de la grâce, le Christ étant venu nous libérer et nous sauver.

Photo par Wil Stewart (unsplash.com)

Tout d’abord, il est important de reconnaître qu’il n’y a pas de temps optimal pour prendre le chemin de la liberté :

Au moment favorable je t’ai exaucé, au jour du salut je t’ai secouru. Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut. (2 Co 6,2)

Peu importe son passé, peu importe sa condition présente, c’est aujourd’hui même que nous pouvons prendre le chemin de la liberté.

Savoir retirer de son vocabulaire les « si j’avais… » « si j’avais eu… » ou nous nous complaisons, peut-être inconsciemment, dans une plainte paralysante.

Comme l’affirmait le psychiatre mondialement connu, Scott Peck, « La vie est difficile ».

Oui, la vie est difficile, mais comme le souligne le P. Henri Boulad, « l’être humain est fils des obstacles. »

Le fait de surmonter les obstacles permet de devenir soi-même.

Les obstacles sont un chemin de croissance, car ils nous obligent à nous dépasser.

Les problèmes, je ne le répéterai jamais assez, ne sont pas (uniquement) des calamités : ils sont des crampons qui nous aident à avancer sur ce chemin vers soi qui n’est pas enfermement sur soi. Ils sont des aiguillons qui nous poussent à trouver des moyens d’agir, de nous défendre, de nous débrouiller. (Fabrice Midal, Reprenez votre vie en main, Édito, 2019, p. 23)

Voici quelques pistes et réflexions au service de la quête de la liberté intérieure :

Photo par Bryan Rodriguez (unsplash.com)

Peu importe mon état de santé, mon éducation générale ou mes moyens limités, je peux devenir libre, me réaliser et me mobiliser dans la poursuite d’un but que je me suis donné en conformité à mon idéal, en conformité à mes rêves et mes désirs les plus profonds.

Mon être véritable ne se limite pas à mon passé; Il est ouvert au futur, quel que soit mon passé. (Fabrice Midal, Reprenez votre vie en main, Édito, 2019, p. 22)

Les obstacles deviennent les matériaux au service de l’édification de mon projet, qui m’entraîne dans une vie amoureuse et donnée.

« Mon être m’attend », disait Jankélévitch. Nous avons à le réaliser, à l’accomplir, à le faire être : il n’existe pas une fois pour toutes. Vertigineuse responsabilité! Cela m’engage, m’oblige à avancer, pour le rejoindre, le retrouver. Car je n’existe pas dans le passé, mais dans ce que j’ai à créer à partir de la réalité telle qu’elle est. (Fabrice Midal, Reprenez votre vie en main, Édito, 2019 p. 22)