Quand l’Église se retrouve à l’église – I Des questions

« Quand l’Église se retrouve à l’église » est une série de cinq capsules vidéo réalisées à la suite d’une demande du service des communications et de formation de l’archidiocèse de Saint-Boniface au Manitoba (Canada). Comme des transformations doivent être effectuées à la cathédrale, de brefs exposés sont offerts en vue de mieux comprendre nos lieux de culte et de les habiter avec profit. Une première capsule tournée dans une église et servant d’introduction soulève les principales questions qui sont abordées par la suite.

Vidéo

Texte

Nous voici dans un lieu nécessairement familier à tout catholique pratiquant. Il s’agit d’une église… Tant de fois nous y sommes venus.

Celle-ci ressemble peut-être à celle que vous fréquentez habituellement à moins que la vôtre soit plus moderne… mais peu importe son âge, on s’y retrouve tout de même. Mais connaît-on vraiment ces lieux qui nous accueillent de dimanche en dimanche?

Je me présente, je suis le père Jacques Houle, religieux-prêtre chez les Clercs de Saint-Viateur et je collabore à l’Office National de Liturgie, au secteur francophone à titre de formateur.

Comme je publie depuis une quarantaine d’années des textes dans le Feuillet paroissial, il se peut que mon nom ne vous soit pas tout à fait inconnu.

Je vous propose à travers cinq brèves capsules de regarder avec des yeux neufs ces lieux qui nous sont pourtant familiers. Il y a si longtemps que l’Église se retrouve à l’église…

Par quoi commencer? Vous savez avant même d’entendre ou de lire des choses sur une église, dès qu’on y entre elle a déjà commencé à parler : elle me dit par exemple que nous sommes des héritiers, que cet espace est un héritage.

On sent bien qu’une église a de l’histoire. L’espace, le volume intérieur, les voûtes… me parlent aussi.

Est-ce que par exemple elles ne seraient pas en train de me dire que Dieu est grand, qu’il est puissant, qu’il est bien haut, tout là-haut dans les cieux et pourtant je sais bien que ce Dieu s’est fait proche de nous à travers son Fils Jésus qui s’est fait l’un de nous… et que chacun de nous en est le reflet. Y aurait-il contradiction?

Et tous ces bancs… bien fixes, bien solides qui attendent des assistants… comme au théâtre. Et si j’avance, en avant je vois des marches, un plateau comme une scène de théâtre. Mais je sais bien que ne suis pas au théâtre…

Et ce meuble qui a un peu la forme d’un coffre précieux, on nous a dit que c’est l’autel… Mais un autel c’est pour offrir des sacrifices… Par ailleurs ne dit-on pas aussi que c’est une table. Mais au fait est-ce un autel ou une table? Et ici un lutrin on nous a dit que c’est l’ambon, drôle de nom tout de même pour un pupitre. Pourquoi appelle-t-on ce meuble un ambon?

Et ici un siège sans doute la place d’honneur, mais pourquoi au fait? Est-ce pour rendre hommage à la personne qui y prend place? Peut-être pas…

Et ici derrière, un meuble étonnant… avec un support long et étroit comme un comptoir et au centre une petite armoire fermée à clé. Mais surtout il y a ce qui surplombe l’ensemble qu’on appelle un retable: « ce qui est au-dessus de la table ».

Tout de même impressionnant comme objet. Mais on semble ne plus s’en servir… comme si tout cet ensemble était en train de nous dire que ce lieu s’est modifié avec les années, qu’on n’y fait plus choses comme avant.

Mais au fait c’était comment avant?

Pour le savoir, est-ce qu’il faut remonter bien loin?

C’était comment quand tout a commencé?

C’était comment avant que l’Église ne se retrouve à l’église et pourquoi précisément se retrouve-t-elle à l’église?

Est-ce qu’un espace liturgique peut encore se transformer?

Voilà quelques questions auxquelles je vais tenter d’apporter des réponses au moyen de capsules vidéo, dont une première intitulée: Petit retour aux origines.