La « première communion » … si nous changions de vocabulaire ! Initier à la vie chrétienne par la communion eucharistique

Les mots que nous employons ont un pouvoir structurant. Pourquoi ne pas parler « d’initiation à la pratique de l’eucharistie » puisque l’enjeu n’est pas de préparer un événement qui sera la première communion, mais bien plutôt d’initier à la vie chrétienne par la communion eucharistique.

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Et si nous changions de vocabulaire…

La rentrée scolaire tout comme la reprise des activités pastorales ramènent nécessairement à nos préoccupations le défi de la mission catéchétique. Un défi de taille qui souvent se traduit plus concrètement par la préparation aux sacrements. Effectivement, l’initiation sacramentelle occupe une très large place dans ce qu’on appelle maintenant l’initiation à la vie chrétienne. Cependant, si cela va de soi, il n’est pas inutile de regarder le tout d’un peu plus près.

Renouveler ses pratiques

A-t-on toujours à coeur de renouveler nos approches? A-t-on le souci de les remettre en perspective? On peut le souhaiter, pourtant notre vocabulaire demeure le même traduisant peut-être certaines résistances à renouveler nos pratiques et surtout à les élargir.

À titre d’exemple pensons à cet événement marquant dans l’apprentissage de la vie chrétienne qu’on appelle familièrement la première communion. Mais est-ce bien exact? Ne faudrait-il pas dire plutôt : la première des communions ce qui donne déjà à penser que l’événement n’est pas un acte isolé.

Un avant et un après

Effectivement communier pour la première fois comporte un avant et surtout un après. C’est d’ailleurs dans cet après que le geste prend son sens. La toute première des communions s’inscrit donc dans une démarche beaucoup plus large qu’il convient d’appeler l’initiation à la pratique de l’eucharistie.

Parler ainsi donne déjà à comprendre que la « première » des communions, c’est-à-dire le fait de communier pour la première fois, pour vrai, comme les grands, même si l’événement, même si le geste a toute son importance, il n’est pas le tout de la démarche. Communier pour la première fois n’est pas un en-soi, mais s’inscrit dans une séquence, c’est précisément pour cette raison qu’il y a une première fois…

Une première qui occupe toute la place…

Or c’est ici que la bât blesse. En parlant encore et exclusivement de «préparation à la première communion» –  même si l’objectif est bien d’initier à une pratique –  l’importance est nécessairement mise sur la fameuse « première fois » qui risque d’occuper toute la place.

Plus qu’une question de vocabulaire

S’ils traduisent nos pratiques et en disent l’essentiel, les mots employés ont aussi un pouvoir structurant, à la fois pour les intervenants et pour les personnes qui nous sont confiées. Alors pourquoi ne pas faire un effort pour changer le vocabulaire et parler d’initiation à la pratique de l’eucharistie, communier pour la première fois devenant alors « un » élément de cette initiation.

« L’enjeu n’est pas de préparer un événement qui sera la première communion, mais d’initier à la vie chrétienne, par la communion eucharistique. »

Changer son vocabulaire traduit déjà le désir de donner une dimension permanente à son action catéchétique.

Afin de poursuivre la réflexion…

On pourra relire l’article de Jacques Houle publié en janvier 2010 et qui a pour titre En marge de la première communion. On y relate une expérience.