Par-delà l’automne Une réflexion sur la vie, l’Église et le monde

En utilisant l’image de l’automne, Paul Tremblay propose une réflexion sereine sur la vie, l’Église et le monde.

Paul Tremblay, Par-delà l’automne, Anne Sigier, Québec, 2005, 205 p.

Au moment où l’on savait que l’abbé Paul Tremblay était atteint d’un cancer et que la phase terminale approchait, Mme Anne Sigier lui a demandé de nous partager sa vision de l’évolution de l’Église et du monde actuel. Il mettait une dernière main à sa réflexion lorsqu’il est décédé.

Son ouvrage se présente comme une lumineuse réflexion sur la vie, l’Église, le monde. Son fil directeur, l’automne, qu’il qualifie de temps de fécondité et de récolte, mais aussi de dépouillement, de ménage intérieur, d’apaisement.

« Je chercherai les voies par lesquelles la foi peut se dire au milieu de cette saison, comment s’y écrit à travers tout ce qui arrive une sorte d’Évangile d’automne » (p.14).

À travers une lecture très stimulante de plusieurs textes bibliques (Anne et Siméon, la lutte de Jacob avec l’ange, Élie, l’aveugle-né, les disciples d’Emmaüs, les explorateurs de la terre promise, Jonas, etc.), il nous engage à considérer notre vie (surtout si elle entre dans la saison de l’automne), l’Église et le monde avec foi et espérance. Il nous exhorte à accepter ce triple automne avec sérénité, à apprendre à le qualifier de « maintenant », de moment présent.

Pour lui, « se réfugier dans l’autrefois, c’est replier l’espérance, c’est déjà arrêter de vivre » (p. 20). Au contraire, comme le jardinier, à l’automne, dans un geste de totale espérance, plante les bulbes de tulipes en prévision du printemps, il faut « préparer les terrains nouveaux, planter aujourd’hui ce qui lèvera demain, appuyer ce qui lève déjà » (p. 180).

Pour l’Église qui entre en automne, c’est d’abord le temps de la compassion, « l’heure d’une nouvelle imagination de la charité » selon l’expression de Jean-Paul II. Avec les disciples d’Emmaüs, nous connaissons la route des espoirs déçus et des rêves brisés, mais c’est aussi le temps des rebondissement possibles. L’Esprit nous précède toujours.

Il constate que depuis le 11 septembre 2001, notre continent est vulnérable. Nous connaissons la fragilité et l’insécurité. Comme Jérémie qui achète un terrain au moment où Nabuchodonosor assiège Jérusalem, l’auteur nous invite à une espérance têtue, à faire confiance aux jeunes, surtout à confesser notre bonheur.

Voici un ouvrage qui se lit facilement. Il nous sort de la morosité, de nos peurs, de nos automnes « trop sombres ». Il nous ouvre, à partir des Écritures, des pistes de réflexion, des attitudes positives, une voie d’avenir.

L’abbé Paul Tremblay a été pour beaucoup d’entre nous un phare lumineux. Sa dernière réflexion peut encore nous faire cheminer sur nos routes d’automne. Merci pour ce testament que j’accueille avec grand respect et reconnaissance.