La messe en questions Pour une liturgie pleine de sens

Dans « La messe en questions », Denise Lamarche aborde les grandes questions que se posent les adultes, jeunes ou moins jeunes, pratiquants ou non, au sujet de la messe. Tout en s’appuyant sur une solide réflexion théologique, l’ouvrage se situe sur le plan pastoral et permet de faire le point sur les différents aspects de l’eucharistie.

LAMARCHE, Denise, La messe en questions, Bellarmin, 2008, 122 p.

Denise Lamarche, c.n.d., est docteure en théologie et auteure de plusieurs livres et outils pédagogiques qui favorisent la croissance de la foi.

Introduction

La mission de la liturgie consiste à nourrir la foi et la vie spirituelle du peuple.

Denise Lamarche, dans son livre intitulé « La messe en questions » sait nous initier à l’intelligence de ce grand sacrement qu’est l’eucharistie et nous donner le goût d’oser faire quelques « aménagements » afin que la messe puisse remplir sa finalité : nourrir le peuple de Dieu en marche.

Dans ce présent article, nous nous proposons de présenter quelques pistes inspirées de l’ouvrage de Denise Lamarche, et ce, dans le but de nourrir la réflexion et de donner le goût d’aller plus loin, et ce, avec l’auteure elle-même.

La messe, pourquoi y aller?

« Nous ne participons pas à la messe d’abord parce que nous aimons notre Dieu, mais bien parce qu’il nous aime et que nous voulons ouvrir notre cœur à son amour. Se savoir aimés, cela ne change-t-il pas beaucoup notre vie? (…) Si tout amour reçu et reconnu nous fortifie, nous donne confiance en nous-mêmes, nous pousse souvent au maximum de nos possibilités, que dire des effets de l’amour de Dieu dont nous prenons le temps de prendre conscience? » (p. 14-15)

« Faire un dimanche, c’est quitter son quotidien tout en le portant en soi. C’est accepter de sortir de chez soi pour aller ailleurs. C’est partir à la rencontre d’autres personnes qui sont nos frères et nos sœurs et qui veulent rendre grâce à ce Dieu qui les soutient, qui les habite, qui les aime. » (p. 19-20)

Nourrir notre intelligence et notre cœur, voilà notamment un des objectifs de la messe. La liturgie doit être empreinte de chaleur humaine. L’amour de Dieu passe à titre particulier par le cœur des êtres humains.

Concrètement, cette chaleur humaine pourrait s’exprimer ainsi :

Bref, il s’agit de faire appel à la vue, à l’odorat, à l’ouïe, au goûter et au toucher au sein de la célébration eucharistique.

Qui célèbre la messe?

« La messe n’est pas le déroulement d’un film que nous regardons. Elle est célébration à laquelle nous participons par notre écoute, par notre prière, par nos chants… Elle est rassemblement d’un peuple qui ouvre son cœur à Dieu parce que Dieu le prend par le cœur ». (p. 25)

Voici quelques pistes à explorer afin de favoriser la participation de l’assemblée :

Rites et créativité

« Qui ne se souvient de l’enseignement du renard au Petit Prince? « Il faut des rites », lui disait-il. Cela était nécessaire pour qu’il s’habille le cœur en vue d’une amitié toujours à refaire. Et qui pourrait prétendre qu’aucun rite n’est observé dans la vie courante? Les manières de prendre un repas, de se saluer, de rendre visite, (…) Il en est ainsi dans les rassemblements de l’Église et particulièrement en ce qui concerne le rassemblement eucharistique. » (p. 29)

« La liturgie se déroule selon des directives pouvant faciliter chez celles et ceux qui y participent une intelligence des paroles, des silences et des gestes. Cependant, la conscience liturgique est aussi stimulée par la créativité qui peut entourer ces rites. » (p. 33)

Voici quelques suggestions de rites liturgiques assumés dans la créativité…

L’ouverture de la célébration

Le rite d’ouverture peut tenir compte des préoccupations actuelles des personnes au sein de l’assemblée ainsi que de l’histoire qui s’écrit à l’échelle mondiale.

Avant la procession d’entrée, l’animateur ou l’animatrice éveille l’assemblée au sens de la célébration de ce jour. Bref, une introduction toute simple suivie du chant de la procession d’entrée.

« Afin d’éviter la routine, pourquoi ne pas varier? Parfois, avant le chant d’ouverture, un animateur ou une animatrice laïque, et parfois, après la salutation présidentielle de l’assemblée, le prêtre… » (p. 42)

La procession d’entrée

« La procession d’entrée a cette responsabilité de créer l’atmosphère propice à la qualité et au sens de la célébration. On y gagne à ne pas toujours la faire de la même manière. » (p. 43)

« Des enfants peuvent porter des palmes, le dimanche des Rameaux. Des couples peuvent être de la procession si on célèbre des anniversaires de mariage; des personnes malades, si c’est leur dimanche; l’équipe missionnaire, le dimanche des missions… » (p. 44)

La préparation pénitentielle

« Cette préparation pénitentielle doit nous permettre de nous reconnaître comme étant un peuple de pécheurs pardonnés par Dieu, sauvés par le Christ, soutenus par l’Esprit qui réconcilie. Elle consiste à nous bien situer devant Dieu et à reconnaître déjà sa miséricorde. C’est le Seigneur que nous célébrons déjà et non notre péché. » (p. 49)

Comme l’affirme Denise Lamarche, un « certain malaise nous gagne quand on lui accorde plus d’importance qu’au Gloire à Dieu. Cette préparation pénitentielle peut être présentée librement et avec sobriété. » (p. 49)

Plutôt que des formules du genre « Que Dieu vous pardonne… », comme s’il était possible que Dieu ne nous pardonne pas alors qu’il s’agit au contraire de nous tourner vers Lui et d’accueillir son Amour gratuit, le président pourrait dire une parole semblable à celle-ci : « Reconnaissons Dieu dont l’amour est toujours plus grand que notre péché. »

Dans le « Seigneur prends pitié », le mot « pitié » peut faire problème. De fait, nous avons remarqué que c’est souvent le cas dans l’esprit de bien des gens. On accorde souvent un sens péjoratif au mot « pitié ». Pourtant le « prends pitié » doit être compris comme un appel au Seigneur de qui nous avons besoin. Une formule comme « Seigneur, viens à notre aide » exprimerait beaucoup mieux le « Tout Autre qui veille sur nous et nous relève sans cesse » (p. 49-50).

Il s’agit d’exprimer, par ce rite, l’Église en manque de salut devant son Dieu sauveur, et non pas, une imploration d’un pardon qui serait conditionnel, ce qui trahit l’essence de l’Évangile.

« Il sait que nous sommes d’un peuple de pécheurs, d’un peuple à qui il redit sans cesse sa miséricorde et son pardon. » (p. 18)

Comme le dit l’auteure, « on peut remplacer ce rite par une aspersion de l’assemblée qui fait mémoire du baptême. » (p. 50) Bénir le Seigneur qui nous réitère chaque jour sa miséricorde.

Le Gloire à Dieu

Véritable chant de fête, l’hymne de louange qu’est le Gloire à Dieu est un chant de reconnaissance de l’extrême bonté de Dieu. Cet hymne mérite d’être chanté plutôt que récité. Plusieurs versions existent. « Il importe cependant qu’elles tiennent compte de la dimension trinitaire de l’hommage que l’assemblée liturgique veut rendre à Dieu. » (p. 53)

La prière d’ouverture

Souvent difficile à comprendre, cette prière gagne à être exprimée dans un langage mieux adapté, qu’ « elle soit refaite en tenant compte de l’aujourd’hui de l’Église et du monde ». (p. 55)

Comme le disait François Varillon, jésuite, il faut savoir à l’occasion « casser les mots », c’est-à-dire savoir trouver d’autres mots pour exprimer le message.

La liturgie de la Parole

Des textes à la Parole

« Si on admet que la liturgie de la Parole est un dialogue entre Dieu et son peuple, beaucoup diront que la place faite à l’écoute est beaucoup plus importante que celle accordée à la prise de parole par l’assemblée et c’est vrai. Peut-être faut-il repenser le fait d’entendre trois lectures bibliques suivies d’une homélie à chaque messe dominicale. » (p. 57)

De fait, comment un homéliste peut-il se proposer d’actualiser ce que nous avons entendu dans trois lectures (et c’est sans compter le psaume!) dans si peu de temps?

Une dizaine de minutes, temps ordinairement alloué à une homélie, est insuffisante pour un tel tour de force! L’homéliste devra inévitablement mettre une lecture de côté; or c’est souvent les textes les plus difficiles, ceux qui posent question, qui risquent d’être laissés-pour-compte.

Voilà pourquoi plusieurs communautés chrétiennes optent pour deux lectures plutôt que trois.

Les Saintes Écritures deviennent Parole de Dieu pour aujourd’hui, seulement si elles sont judicieusement comprises, actualisées et accueillies dans la foi.

À propos du psaume

Idéalement en lien avec la première lecture, le psaume exprime notre réponse à Dieu qui nous parle. Comme le dit Denise Lamarche :

« Il arrive cependant que pour tenir compte des événements particuliers de la vie actuelle en même temps que du contenu de la première lecture, il soit bon de chanter un autre psaume que celui proposé pour la liturgie du jour. On peut aussi choisir le refrain psalmique le mieux adapté et omettre certains versets du psaume qui deviennent incompréhensibles, voire inacceptables aujourd’hui. Pensons, par exemple, à ces appels à la vengeance de Dieu, aux châtiments qu’on lui demanderait d’infliger à nos ennemis. » (p. 61)

Afin de garder l’attention de l’assemblée en constant éveil, la manière de dire ou de chanter le psaume peut varier :

Des temps de silence

Si belles soient-elles, les liturgies eucharistiques ne doivent pas oublier un « élément » très important : le silence. Les instants de silence sont essentiels au service de l’intériorisation. Chaque lecture pourrait être suivie d’un court moment de silence.

L’homélie

Sous le mode d’un entretien familier, l’homélie est « d’abord un commentaire des Écritures qui viennent d’être lues. » (p. 69) Elle doit aider à comprendre le sens des textes en évoquant, notamment, les contextes historiques dans lesquels ils ont été écrits et les rendre parlants, Parole de Dieu, pour aujourd’hui :

« Elle doit revêtir un aspect catéchétique en témoignant de l’histoire du salut qui s’écrit perpétuellement. » (p. 69)

« Ce qui est essentiel, c’est bien que l’assemblée trouve dans l’homélie l’occasion d’intégrer la Parole de Dieu qui lui parvient. » (p. 71)

Comme le dit l’auteure, « il ne faudrait pas trop rapidement mettre de côté la participation de l’assemblée. » (p. 71) Au fait, l’assemblée peut participer, à l’occasion, à une homélie dialoguée.

Bref…

« L’homélie doit nourrir la vie des chrétiennes et des chrétiens. C’est là sa fonction. Que les meilleurs moyens de l’exécuter soient reconnus, acceptés et mis en œuvre! » (p. 72)

Le Credo ou profession de foi

Le Credo est une réponse de foi à la Parole de Dieu proclamée. « Il veut aussi permettre à l’assemblée de prendre conscience que c’est dans une même foi qu’elle est unie pour partager le repas du Seigneur. » (p. 72)

La plupart du temps, c’est le Symbole des Apôtres qui est récité. Bien que plus facile que le grand Symbole de Nicée, le Symbole des Apôtres peut cependant, à l’occasion, être remplacé par un Crédo plus arrimé avec le mystère du jour :

« Si, à titre d’exemple, la liturgie du jour célèbre le centième anniversaire de la fondation d’une paroisse ou d’une ville, on pourrait, ce jour-là, évoquer la foi des ancêtres et proclamer que nous croyons dans le même Dieu qu’ils nous ont fait connaître. » (p. 73)

« Autre exemple : si les lectures du jour nous présentent un Dieu qui appelle à établir la justice et la paix, nous pouvons affirmer que nous croyons en Dieu qui veut l’égalité des rapports entre les humains; en Jésus son Fils qui a béatifié les artisans de paix; en l’Esprit qui nous pousse à la solidarité… » (p. 72-73)

Ainsi, il faut surtout éviter la routine et savoir dire autrement le « Nous croyons en toi qui nous aimes » afin qu’il garde toute sa saveur.

La prière universelle

« Peuple de prêtres », tous les baptisés sont invités à présenter à Dieu « dans la prière beaucoup plus que leurs simples besoins et désirs personnels. La prière universelle prend en compte les besoins du monde, des peuples, de l’Église. » (p. 74)

« L’introduction d’un moment de silence dans chacune des intentions permet à l’assemblée de vraiment prier. » (p. 76)

Entrée dans la liturgie eucharistique

À propos de la quête

Un geste qui « prend tout son sens si on le fait bien » (p. 79) :

Dresser la table eucharistique

L’eucharistie étant notamment un repas, « il convient parfois de dresser la table de ce repas en présence de l’assemblée » (p. 80) : couvrir l’autel, rester nu jusque-là, d’une nappe et installer fleurs, cierges et missel.

Le dressage de la table eucharistique permet à l’assemblée de se souvenir qu’elle est convoquée à faire mémoire du dernier repas de Jésus avec ses disciples et à le partager.

La préparation des dons

Il convient que le pain et le vin soient apportés par des membres de l’assemblée au prêtre qui les présentera à Dieu. (p. 82)

À propos des rites annexes

Voici quelques rites annexes : l’encensement des dons, le lavement des mains du prêtre et l’ajout de l’eau au vin.

Comme le souligne Denise Lamarche, ces rites deviennent « difficiles à saisir à cause des changements opérés dans la vie des gens. Il faut à tout prix éviter que des rites hermétiques viennent donner l’impression de rites magiques. » (p. 89)

À propos de la prière eucharistique

La prière eucharistique constitue pour plusieurs une partie de la messe jugée difficile : on peine à en percevoir le sens. De plus, c’est comme si cette prière était « l’affaire du prêtre ».

On gagne donc à trouver des mots simples et à faire participer l’assemblée à cette prière. Il est étonnant de constater combien la prière eucharistique pour assemblée d’enfants est l’une des plus adaptée pour les adultes. Pourquoi? Les mots employés sont simples et l’assemblée est plus active.

L’échange de la paix

Insister sur le fait que, à l’occasion de l’échange de la paix, il s’agit bien de la paix du Ressuscité qui est souhaitée. C’est le Christ qui « donne à chacun d’accueillir la paix et d’en devenir artisan au cœur de l’Église et du monde. (p. 102)

Souhaiter à l’autre la paix, c’est s’obliger soi-même à une conversion qui conduise à être progressivement prophète de cette paix, là où l’on travaille, là où l’on fête, là où l’on prie, là où l’on vit… (p. 102)

La clôture de la célébration

Avant l’envoi

Il est bien de partager, avant l’envoi, les nouvelles qui peuvent intéresser les membres de la communauté. À titre d’exemple : telle famille qui vit telle joie ou telle épreuve veut faire connaître sa situation afin d’avoir le soutien de la communauté dans la prière ou de l’inviter à partager sa joie et son espérance.

Le rite de clôture de la célébration peut ainsi être développé de manière créative afin de favoriser le retour au quotidien.

Le sens de l’envoi

« Allez dans la paix du Christ! » C’est clair : toutes et tous sont invités à repartir pacifiés. La Parole entendue, le repas partagé, la communion dans la prière et dans le chant, les moments d’intériorisation ont dû changer quelque chose qu’on ne perçoit pas toujours. (p. 116)

La paix du Christ : une paix qui désinstalle et dérange nos habitudes parfois trop sécurisantes. (p. 116)

En résumé, que faisons-nous à la messe?

Souvent, on dit que la messe, c’est le repas des amis, des disciples de Jésus. Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire? (p. 119-122) :

Quelques réflexions supplémentaires

Présidence versus consignes

« Il convient au président de présider et à celui ou celle qui anime de donner des consignes. » (p. 98) De fait, il revient surtout au prêtre de faire sentir dans sa voix, ses gestes, son attitude et ses silences, le mystère qui habite la messe et ainsi favoriser l’entrée dans la prière.

Un animateur devrait idéalement se charger de donner les consignes, car par rapport au prêtre, il y a (ou devrait avoir) une différence dans le ton. Par exemple : inviter l’assemblée à chanter ou à trouver telle page dans son Prions en Église. De plus, les consignes devraient être brèves et ne jamais arrêter le mouvement de la prière. (p. 98)

En pensant au « Prions en Église Junior »

Vous connaissez le « Prions en Église Junior »? Ce que nous trouvons de particulier dans le « Prions Junior », c’est notamment les diverses explications que l’on y retrouve afin de mieux faire comprendre la messe ainsi que le sens des textes bibliques.

À titre d’exemple, des mots difficiles, comme le mot « chair » chez saint Paul, sont mis en caractères gras dans le texte biblique et sont expliqués en marge du texte.

Ce qui est particulier dans ce « Prions Junior », c’est qu’en fait, il est adapté pour les enfants et pour les adultes ! Trop souvent, on prend pour acquis que les adultes connaissent le sens des mots employés dans la Bible ou connaissent le sens de telle ou telle formule liturgique. Or, l’expérience nous montre que ce n’est pas toujours le cas…!

Pour tout dire, il y a vraiment quelque chose de ce « Prions en Église Junior » qu’il faudrait retrouver dans nos célébrations pour adultes !

Des micro-catéchèses

Il y a un réel besoin de compréhension, bref de catéchèse, au service de la célébration eucharistique :

Certes, le but visé n’est pas de faire de la célébration eucharistique un cours ou un parcours catéchétique! Cependant, à l’occasion, il serait plus que nécessaire (peut-être cette partie devrait-elle être réservée à un animateur?), que de manière judicieuse, diverses parties de la messe, diverses prières, diverses formules soient élucidées et/ou expliquées.

À titre d’exemple, il n’est pas normal qu’une personne qui récite le Credo pendant 30 ans ne sait toujours pas le sens de l’expression « il est descendu aux enfers ».

En conclusion

Dans son livre « Comment je suis redevenu chrétien » (Albin Michel, 2007), Jean-Claude Guillebaud nous fait part de son cheminement, ainsi que de bon nombre de ses découvertes et questionnements à l’égard du christianisme :

Si le message est vivant, alors il doit pouvoir être relu et déchiffré par les hommes et les femmes d’aujourd’hui, avec les mots, la sensibilité et les connaissances de leur époque. C’est là, dans cette reconquête d’un langage intelligible, que se joue probablement l’avenir du christianisme (p. 164).

La réinvention d’une syntaxe permettant de dire le christianisme au monde contemporain et de redonner vie aux mots de la prière exigera plus qu’un toilettage. « Tous les mots qu’on m’offre pour m’introduire à la prière, écrit encore Latour (Bruno Latour, Jubiler ou les tourments de la parole religieuse, Les Empêcheurs de penser en fond, 2002), supposent l’acquiescement préalable à une langue devenue étrangère. Ce n’est pas l’objet de la prière qui a passé, c’est la forme prière qui est devenue caduque. (p. 165-166)

Comme le dit Guillebaud, « saura-t-on réinventer ce qui est caduc sans amoindrir l’intensité du message? Toute la question est là. Dans cette affaire, un patient courage est – et sera – requis de l’Église et des chrétiens. » (p. 166) Restituer au Message sa simplicité et son acceptabilité par la raison humaine. (p. 168)

Guillebaud aime à citer Tymothy Radcliffe, ancien supérieur des dominicains, qui pour sa part, rappelle que l’ « ennui de la prédication » (et à la célébration de la messe) a été un défi pour l’Église depuis les débuts du christianisme. Radcliffe va même plus loin :

Il parle de la perplexité des fidèles, trop souvent incapables de donner sens aux formulations liturgiques qu’on leur demande de réciter les yeux fermés. Il attribue cette incompréhension à la maladresse des célébrants ou des prédicateurs. (Guillebaud p. 170-171)

On le voit que trop bien, les problèmes de langage et d’intelligibilité sont essentiels pour l’avenir de la messe et même du christianisme. Il faut savoir trouver les mots que les gens comprennent…!

Un souhait? Que la liturgie soit le « terreau » par excellence par le biais duquel le chrétien puisse découvrir le vrai visage du Dieu de Jésus-Christ.