Le guide du catéchète Au service de l’éducation à la foi

Présentation de quelques morceaux choisis d’un ouvrage à la fois pratique et très inspirant. Véritable compagnon de route, « Le guide du catéchète » s’attarde aux aspects concrets de la mission de catéchète.

LAMARRE, Normand, Le guide du catéchète, Médiaspaul, 2009, 118 p.

À propos de l’auteur de l’ouvrage – Normand Lamarre est prêtre depuis 1980. Il a été animateur de pastorale en milieu scolaire durant quelques années, puis curé de paroisses des diocèses de Gaspé et de Rimouski. Reconnu pour ses talents d’animateur et de vulgarisateur, il a accompagné et formé des centaines de catéchètes au fil des ans.

Présentation

Cet excellent ouvrage est un véritable accompagnateur qu’il fait bon fréquenter en tout temps…

Un outil extrêmement précieux, à la fois pratique et inspirant, venant d’un homme dont on sent la riche expérience vécue, et ce, à l’heure où plus que jamais l’éducation de la foi revient aux communautés chrétiennes.

Un livre à faire connaître. Un livre à lire et à relire. Un livre que nous avons déjà adopté : véritable « manuel de chevet » du catéchète. Bref, un ouvrage à méditer.

Comme le dit si bien l’auteur,

« De grâce, ne le lisez pas comme un mode d’emploi. Prenez votre temps. Parcourez-le, lentement et à petites bouchées, permettant à l’Esprit de vous en faciliter l’assimilation. » (p. 10)

Afin de vous donner le goût d’approfondir cet ouvrage, nous vous présentons quelques morceaux choisis.

Table des matières de l’ouvrage

Appelé à une mission emballante

Mais quelle mission au juste?

Le bagage pour la route

Un plongeon dans la foi

La préparation de la catéchèse

L’heure est venue

Tout n’est pas simple

Un travail d’équipe

Conclusion

Appelé(e)

Dans un premier temps, l’auteur nous offre une réflexion sur l’appel à la mission de catéchète. L’appel à ce ministère ainsi que la reconnaissance du charisme de catéchète vient de deux sources : l’une extérieure et l’autre intérieure.

Qu’on se sente indigne à cette grande responsabilité, cela est normal et même marque de santé spirituelle. Le futur catéchète est invité à discerner l’appel du Seigneur mais aussi à se reconnaître dans une « chaîne de transmission » …

À ce moment-là, il serait approprié de jeter un œil du côté de ces personnages bibliques que nous rencontrons au fil de l’histoire sainte et qui ont reçu un appel à devenir messager, prophète, prédicateur ou simple témoin du Seigneur Dieu. Ils ont une première attitude quasi identique, celle d’être surpris, déconcertés d’être ainsi choisis. (p. 14)

Comme le souligne l’auteur : la liberté est vitale en amour. Elle l’est tout autant dans le service en Église.

Écouter son cœur, lieu de prédilection d’une Présence discrète mais qui irradie tout l’être, voilà une disposition spirituelle qui facilite et apaise lorsque nous nous trouvons à l’heure des choix. (p. 15)

Si cette interpellation vous coince, développe chez vous de la culpabilité, refusez-la. Par contre, si elle vient aviver un appel latent ou attendu et qu’elle suscite en vous une joie profonde, alors n’hésitez pas, foncez et dites « OUI ». (p. 16)

Il est bon de reconnaître que le Maître, que Jésus lui-même, en choisissant ses apôtres, s’est arrêté à des gens qui n’attiraient ni le regard ni l’estime spontanée de leurs contemporains.

De condition modeste (la plupart vivaient de la pêche), ces appelés étaient des hommes de cœur, des marcheurs infatigables et toujours ouverts à se laisser instruire et guider par Jésus, leur Maître. (p. 17)

Pour quelle mission ?

L’objectif ultime du catéchète n’est ni sa valorisation ou gratification personnelle mais bien la révélation de la Bonne Nouvelle d’un Père plein de tendresse dans la personne de Jésus de Nazareth. (p. 24)

Votre bonheur d’être au service du Seigneur et de ces enfants, en un mot votre témoignage favorisera bien davantage leur initiation que la somme de toutes les catéchèses que vous leur donnerez. (p. 25)

Certes, le témoignage de vie pèse plus lourd que le cumul des catéchèses données, cependant comme le souligne l’auteur, « il faut contrebalancer cette affirmation par l’exigence de nourrir l’intelligence des disciples ».

L’intelligence est l’assise essentielle à l’édification d’une foi solide, éclairée. (p. 26)

Si nous voulons vivre en disciples du Christ, il est nécessaire de le bien connaître, d’être instruits de ce qu’il a dit, de ce qu’il a fait. (p. 26)

Le but ultime étant d’aider l’enfant à marcher dans les pas de Jésus.

Votre témoignage doit être également accompagné d’interpellations, d’exercices amenant l’enfant à développer des habiletés qui feront de lui, petit à petit, un disciple du Christ. (p. 28)

Le bagage du catéchète

Que faut-il pour être catéchète?… se demande l’auteur.

Trois amours

Aimer les êtres en croissance que sont les enfants

L’amour que vous leur porterez facilitera incontestablement la transmission et la réception du message que vous souhaitez leur communiquer. (p. 32)

Aimer le Seigneur

Et cet amour que vous lui portez, et dont ils seront les témoins, sera attractif et contagieux. (p. 33)

Aimer l’Église

Apprenez-leur à se percevoir comme des membres actifs de LEUR Église, et non comme des consommateurs périodiques de spiritualité. (p. 34)

Qualités de base

L’humilité

Humains et pécheurs, nous avons tous, un jour ou l’autre, à ressentir la pauvreté ou la tiédeur de notre amour. Ne vous culpabilisez pas outre mesure devant un tel constat, demeurez humble. (…) Sachez simplement reconnaître ce qui est et sera : vous êtes amoureux et désireux de perfection, vous désirez faire connaître Jésus Christ. (p. 35)

Vérité

Soyez vrai avec eux (les enfants), sachez être le plus transparent possible. (p. 37)

Être proche des enfants, mais pas trop

Mieux vaut conquérir progressivement leur confiance en les aimant et en les respectant pour ce qu’ils sont : des enfants. (p. 38)

Un plongeon dans la foi

Dans cette section (p. 39-41 de l’ouvrage), l’auteur récapitule les principales données concernant l’appel au ministère catéchétique.

Tout en nous aidant à discerner l’appel, il sait nous encourager et à oser rendre ce beau service, selon ce que nous dit notre cœur.

Récapitulons sommairement afin de faire le point et d’être plus à même d’envisager sereinement et lucidement la réponse que vous donnerez à l’appel reçu. (p. 39)

De votre engagement, de votre dévouement, de votre amour, il fera des merveilles. Faites-lui confiance, il ne déçoit jamais ses appelés. (p. 41)

Préparer la catéchèse

Méditer la Parole au préalable

Toute catéchèse s’appuyant sur le roc de la Parole, il est important que le catéchète se réserve un temps de silence au préalable afin de prendre le temps de s’imprégner de la Parole. Faire cela, c’est se disposer à donner plus de profondeur et de saveur à la catéchèse qu’il va animer.

Maintenant que le ou les textes de la Parole de Dieu se sont déposés en vous et qu’ils font œuvre de levain dans la pâte de votre âme, vous avez à vous approprier la thématique et le contenu de la catéchèse à donner. Cet exercice intellectuel demande de la rigueur. (p. 44)

Parcourir les documents

Prendre le temps de se laisser toucher et émouvoir par le parcours tel qu’il est présenté dans le livre de l’enfant et ensuite procéder de la même façon avec le livre de l’accompagnateur. (p. 45-46)

Savoir demander de l’aide

Oser demander. Plusieurs aînés ne demandent pas mieux que de se rendre utile et d’apporter leur contribution en confectionnant tous ces montages personnalisés qui agrémentent le contenu des catéchèses. (p. 47)

Si le catéchète est accompagné d’une autre personne, répartir les tâches avant et non pendant la catéchèse. (p. 48)

Puiser à la source

Prendre le temps de prier en vue de la catéchèse, c’est prendre le temps de se disposer à accompagner les enfants avec et par le Christ. (p. 49)

La générale de la catéchèse

Certes, il y a place à la spontanéité au sein d’une catéchèse, seulement, la spontanéité s’effectuera sur la base d’une catéchèse soigneusement préparée :

Accueil, écoute et silence

Une qualité d’accueil

Il est bien important d’accueillir les enfants en les regardant bien dans les yeux et en leur souriant. De plus, un macaron identificateur que les enfants pourraient porter à chaque rencontre, ou à tout le moins aux premières rencontres, pourrait faciliter l’apprentissage des noms. (p. 52-53)

À l’écoute de la vie qui bat

Que les enfants puissent partager leur vécu, dans un temps malgré tout limité, cela soudera leur rapport entre eux et avec vous. (p. 54-55)

Le silence bienfaisant

Débuter la catéchèse par un temps de silence en précisant aux enfants qu’ils sont appelés à « vivre une belle expérience, à franchir une nouvelle étape dans leur marche avec Jésus, présent en eux et au milieu d’eux ». (p. 55)

Nourrir la vie de foi

Être guide

Les enfants apprécient être guidés et vivre dans un certain cadre. Oser guider les enfants et leur fournir une catéchèse qui a de la consistance. (p. 56-57)

Savoir utiliser des moyens pédagogiques variés

Une touche de créativité dans l’animation est plus que conseillée : mime, récitatif biblique, chanson, jeu de rôles, visuel illustrant une parabole, témoignage d’un baptisé, extrait vidéo, etc. (p. 57)

Être attentif

Tout en adaptant le message à l’âge des enfants, il convient de s’assurer qu’ils ont bien compris (p. 58) :

La Parole – Mise en contexte et partage

Lire au préalable ce qui précède et ce qui suit le texte de la Bible, permet au catéchète d’introduire le texte en le situant dans son contexte.

Suite à la lecture du texte, inviter les jeunes à exprimer ce qu’ils ont compris du message.

La Parole ne résonne pas de la même manière dans le cœur de chacun. Deux ou trois questions bien senties sont souvent suffisantes pour que les enfants expriment le message biblique ou évangélique de la catéchèse. (p. 65-67)

De la Parole à la vie concrète

Le défi du catéchète consiste à amener les enfants à faire l’appropriation personnelle du message. Par une question aussi simple que « À quoi la Parole t’invite-t-elle aujourd’hui? » Les enfants apprendront à traduire dans leurs paroles et gestes les valeurs de l’Évangile. (p. 69)

S’intérioriser et agir

Un temps pour la prière

Toute catéchèse nécessite un temps de prière. Il permet à la Parole de s’ancrer au cœur de la personne. D’où l’importance de soigner l’aménagement physique du lieu de prière. (p. 70)

Pour les enfants comme pour les adultes, une certaine continuité dans les rites aide à entrer et à demeurer dans la prière. (p. 72)

S’ouvrir à l’Amour de Dieu

Apprendre à reconnaître les signes de l’Amour de Dieu dans notre quotidien, voilà notamment une belle attitude de prière à éveiller chez les enfants. (p. 74)

Prier pour les autres

En lien avec la catéchèse, formuler des intentions de prière (préalablement écrites ou spontanées) qui initient à l’altruisme, à la prière pour les autres. Cette façon de faire éveillera chez les jeunes la sensibilité à la dimension communautaire de la prière. (p. 75)

L’éducation au silence

Aérer les diverses formes de prière de silence, afin qu’elles gagnent en intensité et en profondeur. (p. 75)

Les enfants apprendront et goûteront les bienfaits d’un silence qui n’est pas qu’absence de bruits ou de paroles mais bien recentrement sur ce qu’il y a de meilleur en eux, la présence de Dieu. (p. 76)

Un temps pour l’action

Toute la démarche catéchétique demeurera incomplète si elle ne débouche pas sur une action concrète dans la vie des enfants. (p. 77)

Il est bon de proposer un engagement progressif aux enfants. Mieux vaut commencer avec des petits pas que d’enclencher une course qui épuisera tout désir de continuité. (p. 79)

Les pages 80-81 de l’ouvrage propose quelques exemples d’exercices que l’on peut adapter à son milieu.

Des pièges à éviter

« Je sais fort bien que ce ministère essentiel à l’avenir de l’Église, s’il procure des joies innommables, comporte son lot de pièges et de situations difficiles. » (p. 83)

Voici quelques conseils afin d’éviter ou de surmonter certains pièges dans la vie du catéchète.

Être trop proche

Le catéchète a pour mission d’être au service de la croissance de la vie de foi. Une trop grande familiarité peut occasionner une perte de contrôle, « tant au niveau d’une nécessaire autorité qu’à celui de la crédibilité attendue de la part d’un adulte ». (p. 84) Bref, les enfants ont davantage besoin d’un guide que d’un ami.

Jouer un rôle?

Nous ne reconnaissons qu’un seul Maître, qu’une seule Parole pleinement incarnée et transparente de Dieu, et c’est le Christ Jésus.

Pour sa part, le catéchète, tout en cherchant à être lui-même une parole significative, doit cependant se garder de se présenter comme un modèle auprès des enfants. Tout ce qu’on lui demande, c’est de faire humblement son possible.

Les enfants « apprécieront au plus haut point que l’adulte qui les accompagne soit vrai avec eux ». (p. 86)

Je, Tu, Nous

L’auteur nous propose une subtile réflexion aux pages 87-90 de son ouvrage, sur l’usage du « Je, Tu, Nous », qu’il nous est impossible de reproduire ici sans reprendre le texte en entier. Mentionnons toutefois que, comme le dit l’auteur,

Il y a des « tu » qui tuent.
Il y a des « je » qui désorientent.
Et il y a des « nous » qui défigurent le réel.

À propos du mystère

Un mystère est une réalité qu’on n’a jamais de fini d’approfondir et de comprendre. Non pas une réalité pleinement opaque, mais bien une réalité tellement riche de sens qu’on n’a jamais fini de l’approfondir :

Prendre garde aux fausses théologies ou images de Dieu

Il y a des images qui marquent défavorablement et des messages plus que regrettables. À titre d’exemples :

Il importe que le catéchète se donne une saine théologie et qu’il lise des auteurs sérieux et reconnus. Tellement de fausses images de Dieu ont été (et sont encore) enseignées. Le chrétien croit que « Dieu est Amour » : un Amour digne d’estime et d’émerveillement.

Savoir toucher le cœur

La catéchèse ne s’évalue pas au nombre de connaissances transmises. En effet, « le gavage peut avoir des effets désastreux, tels le dégoût et le rejet. » (p. 94). Ce qui importe avant tout, c’est de favoriser une rencontre personnelle avec le Christ. (p. 95)

Donné à tous

Le catéchète est appelé à être impartial et à considérer également les membres du groupe. Bref, chercher à se comporter comme Jésus le ferait.

Les difficultés

Certes, le service catéchétique comporte son lot de difficultés. Voyons maintenant quelques « trucs » de catéchètes d’expérience pour pallier à certaines difficultés.

Les turbulences

Les catéchisés ne sont pas toujours calmes et attentifs. Que faire alors? Voici quelques stratégies :

Il importe avant tout que le catéchète conserve son calme. La maîtrise de lui-même saura confirmer son ascendance sur le groupe.

L’indifférence et la différence

Que faire devant le mutisme ou le flegme d’un enfant en particulier?

« Une question qui lui est personnellement adressée vous permettra de vérifier si son attention est une manifestation d’indifférence ou de différence. » (p. 98)

S’il s’agit d’indifférence (…), il serait opportun de vérifier, chez l’enfant d’abord, puis chez ses parents si nécessaire, sa volonté de prendre part au cheminement catéchétique. (p. 98)

Des questions qui déstabilisent

Devant une question très pointue, voire embêtante, le catéchète risque de perdre pied. Il lui est conseillé d’être vrai et de reconnaître son ignorance sur ce point en particulier. Il peut ainsi demander le report de la question et ainsi se donner du temps afin de chercher une réponse.

Les hauts et les bas

Même la meilleure des animations ne suscitera pas nécessairement l’effet escompté. Il faut se méfier de ce que l’on peut percevoir comme étant un échec ou une demi-réussite. L’Esprit Saint et le temps sauront faire leur œuvre.

« Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette le grain dans son champ : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. » (Mc 4,26-27)

Incompatibilité

L’incompatibilité des caractères est chose possible. Il est rare mais possible qu’un catéchisé en particulier indispose un catéchète au point de lui faire perdre tous ses moyens. Il serait alors préférable que cet enfant soit changé d’équipe, l’incompatibilité de caractères n’étant pas contagieuse!

Initiation chrétienne ou sacramentelle?

Il est important que les parents comprennent que « les sacrements ne sont pas des fins mais des étapes dans le cheminement chrétien de leur enfant ». (p. 103) L’important est que les « enfants deviennent des disciples du Christ, des marcheurs vaillants et courageux sur la route de l’Évangile ». (p. 104)

« Les sacrements seront pour eux des points d’eau, des temps forts de ressourcement, des signes privilégiés de la bonté divine au cœur de leur vie chrétienne ». (p. 104)

Un travail d’équipe

Avoir une personne sur qui compter

L’animation sera d’autant plus aisée que le catéchète pourra compter sur quelqu’un qui l’assiste. Il ne s’agit pas d’un deuxième catéchète, mais d’un aide, d’un complice. Bref, une personne à qui l’on peut confier des responsabilités; une personne sur qui l’on peut compter pour que les catéchisés progressent dans la vie de foi. (p. 106)

Préparer la catéchèse avec des collègues

Préparer des catéchèses avec des collègues qui animent des groupes de même niveau que le nôtre est à coup sûr un excellent moyen pour économiser ses énergies et gagner en idées créatives. On peut ainsi partager ses bons coups et ses difficultés, ses attentes et ses déceptions. (p. 106)

Savoir demander de l’aide

Même doté d’un charisme de guidance et d’une habileté certaine à faire de l’animation, le catéchète fait un jour ou l’autre l’expérience de ses limites. Il doit savoir demander de l’aide au besoin. Le Christ lui-même a su le faire.

« Nous avons pas à être gênés de tendre la main quand nous en avons besoin. » (p. 108)

La complicité des parents

Les parents sont les premiers responsables de l’éducation chrétienne de leur enfant :

La communauté chrétienne

Il appartient de responsabiliser la communauté chrétienne toute entière à l’endroit des jeunes qui se préparent à prendre la relève au sein de l’Église :