Faire de notre vie un don La Trinité divine ou l’Amour en nous

À chaque fois que nous accueillons un proche dans le besoin (souvent besoin d’attention, d’appréciation et d’écoute) c’est Dieu en lui que nous accueillons. Mais c’est aussi par le fait même Dieu en nous qui diffuse ainsi l’Amour dont vit la Trinité divine.

La règle d’or

Les médias de communication nous donnent de plus en plus à voir des apôtres extrêmes du don de soi. Mère Teresa en Inde, l’abbé Pierre en France, Gilles Kèble au Québec, etc.

Ce sont là des exemples édifiants sur les traces de qui nous pouvons avoir le goût de nous engager pour répondre aux nombreuses invitations de Jésus à nous dévouer au bien des autres.

Les Béatitudes vont très loin dans la consigne de l’oubli de soi.

Luc, après les Béatitudes (Lc 6), en ajoute :

Cette dernière consigne a été reprise ailleurs dans les Évangiles. Elle a été nommée « La règle d’or ». Elle condense en elle toutes les autres règles énoncées par Jésus. Faire aux autres ce que nous aimerions qu’ils fassent pour nous. L’exemple du manteau et de la joue, ce sont des images extrêmes en vue de susciter l’attention de l’auditoire. Jésus ne va quand même pas nous conseiller d’encourager les voleurs ou les batteurs de femmes!

Si Dieu nous aime inconditionnellement, si son Amour est tendresse et miséricorde, il est normal que notre réponse concrète s’applique d’abord à notre prochain, et pas seulement à ceux qui nous font du bien. Mais en toutes choses, la modération n’est-elle pas la meilleure conseillère?

Si, dans une recherche de la perfection, nous prenons au pied de la lettre tous les enseignements de Jésus sur l’amour du prochain, il pourra nous être difficile de trouver du temps pour entrer en nous-mêmes, pour y découvrir Dieu et répondre à son Amour au moins par une prière d’action de grâce.

Les principes peuvent être sublimes, l’équilibre pratique reste peu facile à maintenir sans faille. Alors, sans chercher en tout la perfection, quel pourrait bien être le meilleur équilibre en ce domaine?

Aimer avec les yeux de la foi

Il semble que l’Évangéliste Marc (Mc 9), dans sa grande précision, puisse nous mettre sur la piste d’une bonne solution aussi pratique que sublime : « Quiconque accueille un de ces petits enfants à cause de mon Nom, c’est moi qu’il accueille; et quiconque m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. (Mc 9,37) »

Nous trouvons ici condensés trois liens importants entre la présence divine en nous et notre action autour de nous :

Reprenons donc ces trois liens importants. On peut aimer accueillir l’autre parce qu’il nous comble au plan affectif, ou économique, ou sexuel, etc. Ce peut être plus ou moins moral, mais cela n’a rien à voir avec le Royaume!

Ce qui importe ici, c’est de voir Jésus dans l’autre, quel qu’il soit. Voir Jésus dans l’autre, c’est voir plus loin que l’apparence, c’est voir le fond du cœur, là où justement réside la Trinité divine, rien de moins! Voir la beauté intérieure n’est pas toujours facile.

Aimer avec discernement

Les violents et les dominateurs nous compliquent drôlement la tâche! Un certain entraînement à la lucidité et à la liberté d’action peut nous aider parfois à passer notre chemin. En effet, s’il faut obligatoirement aider tous ceux que nous rencontrons, il n’y a plus pour nous de liberté, donc plus de créativité sous l’impulsion divine libératrice.

Nous sommes donc appelé(e)s à faire la part des choses et à choisir ce qui peut donner lieu à une action libératrice tant pour nous que pour notre prochain.

L’accueil doit donc se faire librement, mais dans l’optique de Jésus qui lit dans les cours et qui sait discerner, sous toute carapace, le véritable cœur d’enfant, celui-là même qu’Il habite avec le Père et l’Esprit.

Le prochain qui porte Dieu

Finalement la richesse de cette citation de Marc trouve toute sa portée dans le troisième lien : le renvoi au Père. C’est là que toute action charitable trouve son sens profond. Le respect que nous devons porter à quiconque a besoin de notre attention, c’est justement à cause de l’habitation divine au cœur même de cette personne.

Elle peut n’en avoir aucune conscience, cela importe peu, puisque ce qui se joue dans son cœur, c’est exactement ce qui se joue dans notre propre cœur. Quand nous en prenons conscience, nous en sommes doublement enrichi(e)s : d’abord en reconnaissant la richesse qui nous habite; ensuite en accueillant la même richesse dans celui ou celle à qui nous tendons la main.

L’importance des gestes simples

Tendre la main, c’est une façon de parler de tout ce qui peut illuminer quelque peu la vie du prochain. Ce peut être un simple sourire, une écoute passagère que nous nous ingénions à interrompre sans blesser l’autre, un bon mot si l’occasion s’en présente, etc.

Mais surtout, surtout, le plus important que nous oublions si souvent, c’est de placer le besoin de l’autre dans nos pensées le reste de la journée. Prier pour l’autre, c’est peut-être simplement le conserver dans nos pensées positives et le recommander à Dieu qui l’habite autant qu’Il nous habite. Les actions d’éclat sont impressionnantes, mais elles ne sont aucunement nécessaires dans notre vie quotidienne.

Le plus important finalement, n’est-ce pas de garder contact avec Dieu – Père, Fils et Esprit – , restant ainsi en lien avec l’humanité tout entière?

En conclusion

N’est-ce pas que la Trinité est le mystère le plus riche de l’histoire du Christianisme? Circulation d’Amour, tel est son mot d’ordre!

Et à chaque fois que nous accueillons un proche dans le besoin (souvent besoin d’attention, d’appréciation et d’écoute) c’est Dieu en lui que nous accueillons..

Mais c’est aussi par le fait même Dieu en nous qui diffuse ainsi l’Amour dont vit la Trinité divine.