En marge de la première communion Communier pour la première fois n’est pas un acte isolé

La toute première des communions s’inscrit dans une démarche beaucoup plus large qu’il convient d’appeler l’initiation à la pratique de l’eucharistie.

Un avant et un après

S’il est un événement marquant dans l’apprentissage de la vie chrétienne, c’est bien ce qu’on appelle familièrement la première communion.

En fait, il faut dire la première des communions ce qui donne déjà à penser que l’événement n’est pas un acte isolé.

Effectivement communier pour la première fois comporte un avant et surtout un après. C’est d’ailleurs dans cet après que le geste prend son sens.

La toute première des communions s’inscrit donc dans une démarche beaucoup plus large qu’il convient d’appeler l’initiation à la pratique de l’eucharistie.

Les mots sont importants

S’ils traduisent nos pratiques et en disent l’essentiel, les mots employés ont aussi un pouvoir structurant. Il n’est que de voir la réaction de parents confrontés à la réalité d’une préparation qui les impliquera.

Quand ils inscrivent leur enfant à la première communion, le besoin exprimé est tout simple. Ils désirent que leur enfant « fasse sa première communion », c’est-à-dire qu’il communie avec ses copains et copines dans le cadre du dimanche prévu à cet effet et cela, en présence des oncles, tantes et grands-parents.

Ils cherchent alors à reproduire ce qu’ils ont connu à savoir la communion conçue comme un rite d’initiation, un passage obligé devenu pour plusieurs une diplomation symbolique. Or, ce que nous avons à offrir est d’un autre ordre. Ne veut-on pas plutôt initier à la pratique de l’eucharistie? Alors, pourquoi ne pas le dire? Pourquoi ne pas l’écrire?

Le coeur de la vie chrétienne

Auteur : Bernadette Lopez
evangile-et-peinture.org

La perspective est différente de ce qui se vivait dans un passé encore tout récent où faire sa première communion avait un caractère ponctuel. Pourtant l’Eucharistie – ou la messe pour reprendre un mot familier – se situe au coeur de la vie chrétienne et plus particulièrement de la vie paroissiale.

C’est là que la communauté prend son visage. Par la pratique de la communion eucharistique on y trouve sa place pleine et entière.

C’est en y venant, c’est en pratiquant que se crée un lien vital entre le Christ ressuscité et les membres de la communauté. C’est là que bat son coeur.

Le dimanche

Pendant les années 2006 à 2009, je me suis retrouvé curé en France dans le diocèse de Lyon. J’y étais responsable de quatre communes regroupées sous le vocable de Sainte-Blandine-du-Fleuve. Les premières communions y étaient problématiques. Les responsables de la catéchèse des enfants et plus particulièrement de leur initiation aux sacrements se retrouvaient déçus.

Si les petits avaient été bien préparés à communier pour la première fois, souvent les familles n’étaient pas au diapason. L’événement était sans suite et surtout, la célébration elle-même pouvait devenir pénible prenant facilement des allures de kermesse.

Cette prise de conscience nous a amenés à organiser différemment les activités en les associant d’abord au temps de rencontre privilégié de la communauté. Les catéchèses préparatoires se déroulent maintenant dans le cadre du dimanche. Grands et petits se retrouvent autour de catéchètes spécialisés pour des activités débordant largement le cadre de la simple initiation technique à la communion. C’est donc ensemble que parents et enfants découvrent ou redécouvrent le chemin de l’église.

La catéchèse se vit alors de façon plus large comme une initiation à la vie chrétienne à l’intérieur de laquelle s’inscrit tout naturellement la toute première des communions.

Vécue dans l’intimité plus immédiate de la famille, elle en est certes un point fort, mais n’est pas le tout de la démarche.

Concrètement…

Quand le jeune s’estime prêt à commencer à communier comme les grands, la paroisse est prévenue. À la célébration de son choix, il se présente accompagné de ses parents et souvent de son parrain et de sa marraine. Ce sont eux qui au cours de la célébration l’entourent et guident ses gestes. Nous les invitons d’ailleurs à faire de même dans les dimanches qui suivent. Ainsi l’initiation se poursuit tout naturellement.

Je trouve touchant de voir un papa ou une maman s’assurer délicatement que son enfant place convenablement ses mains pour recevoir le Corps du Christ, qu’il dit son amen, qu’il consomme le pain consacré avant de regagner sa place. Pendant que la communion se poursuit, il est suggéré aux parents d’entourer discrètement leur enfant et de prier avec eux. Certains le font tout spontanément et leur donnent ainsi d’entrer plus avant dans la prière d’action de grâce. L’initiation suit alors son cours.

De plus, en rappelant aux membres de la communauté que c’est à regarder faire les grands que les petits apprennent, nous les invitons à faire le point sur leurs attitudes. Ce n’est pas sans profit. Enfin, une fois dans l’année les jeunes initiés sont invités à une célébration paroissiale plus festive. La communauté paroissiale peut ainsi rendre grâce avec eux tout en tonifiant leur appartenance.

« L’enjeu n’est pas de préparer un événement qui sera la première communion, mais d’initier à la vie chrétienne, par la communion eucharistique. »