La croix, un rappel des défis de la mission Un chemin qui comporte des renoncements et des risques

Quatrième d’une série de 10 chroniques sur les défis des premières communautés chrétiennes à la lumière du Nouveau Testament.
Chaque fois que nous faisons le signe de la croix, nous répondons à cet appel en nous engageant sur le même chemin que Jésus, un chemin qui comporte des renoncements et des risques.

Un premier obstacle, formidable, s’est dressé dans le chemin des apôtres et des tout premiers disciples : comment expliquer au monde la croix de Jésus?

N’oublions pas qu’avant de devenir le symbole du salut des chrétiens, la croix était un instrument de torture et de mort, un signe du pouvoir impérial sur les peuples soumis.

Jésus est mort exécuté, condamné par les autorités civiles et religieuses comme un criminel dangereux et comme un blasphémateur. Imaginons pour un instant avoir à convaincre de respectables citoyens que les autorités civiles et religieuses se sont trompées toutes les deux et que le criminel en question, maintenant trépassé, est le « Sauveur du monde ». Quelle crédibilité aurions-nous?

Pire, comment s’expliquer le fait que Dieu ait laissé mourir son Fils sur la croix, sans intervenir avec puissance comme Il l’avait fait jadis pour sauver son peuple Israël? La croix demeure l’énigme cruciale à laquelle tout chrétien mature doit faire face.

Le sens de la croix

Cette question traverse le Nouveau Testament, qui témoigne des réponses auxquelles les premiers chrétiens sont parvenus.

Nous pouvons nous laisser guider par leurs réflexions quand nous devons, à notre tour, répondre à la révolte de nos concitoyens devant un Christ bafoué et cloué sur une croix. Ou devant un Dieu fou, qui sacrifie son propre Fils. Saint Paul reconnaît d’emblée que proclamer un Christ crucifié est « un scandale pour les juifs et une folie pour les païens » (1 Co 1,23). N’avait-il pas lui-même cherché à éteindre une fois pour toutes cette vulgaire hérésie naissante?

Le prophète rejeté (Lc 13,31-341) et le fils assassiné pour voler son héritage (Mt 21,33-462; Mc 12,1-123; Lc 20,9-194) sont deux figures utilisées pour signifier que la condamnation de Jésus est injuste, un crime commis envers un innocent.

La figure du berger qui risque sa vie pour ses brebis (Jn 10,11-155) sert à traduire la conviction que Jésus n’est pas mort accidentellement, mais courageusement, lucidement, dans l’accomplissement de sa mission, en acceptant ses ultimes conséquences, par amour pour nous tous.

Le grain de blé qui tombe en terre (Jn 12,246) et l’agneau pascal égorgé (Jn 1,297) soulignent la fécondité prise par son geste.

Loin de faire le culte de la souffrance pour elle-même, ces figures rappellent toutefois que, par une grâce spéciale de Dieu, la mort de Jésus est transformée en un don de vie qui produit la guérison (1 P 2,21-258).

L’appel de la croix

La croix n’est pas que le tragique aboutissement de la mission de Jésus ou le merveilleux instrument de notre Rédemption.

La croix est aussi l’appel (1 P 2,219) que nous avons reçu de Jésus : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive » (Mt 16,2410; Mc 8,3411; Lc 9,2312).

Chaque fois que nous faisons le signe de la croix, nous répondons à cet appel en nous engageant sur le même chemin que Jésus, un chemin qui comporte des renoncements et des risques.

  1. Lc 13,31-34
    13:31 A cet instant, quelques Pharisiens s’approchèrent et lui dirent: “Va-t’en, pars d’ici, car Hérode veut te faire mourir.”
    13:32 Il leur dit: “Allez dire à ce renard: Voici, je chasse les démons et j’accomplis des guérisons aujourd’hui et demain, et le troisième jour c’est fini.
    13:33 Mais il me faut poursuivre ma route aujourd’hui et demain et le jour suivant, car il n’est pas possible qu’un prophète périsse hors de Jérusalem.
    13:34 “Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu.
    TOB

  2. Mt 21,33-46
    21:33 “Écoutez une autre parabole. Il y avait un propriétaire qui planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour; puis il la donna en fermage à des vignerons et partit en voyage.
    21:34 Quand le temps des fruits approcha, il envoya ses serviteurs aux vignerons pour recevoir les fruits qui lui revenaient.
    21:35 Mais les vignerons saisirent ces serviteurs; l’un, ils le rouèrent de coups; un autre, ils le tuèrent; un autre, ils le lapidèrent.
    21:36 Il envoya encore d’autres serviteurs, plus nombreux que les premiers; ils les traitèrent de même.
    21:37 Finalement, il leur envoya son fils, en se disant: Ils respecteront mon fils.
    21:38 Mais les vignerons, voyant le fils, se dirent entre eux: C’est l’héritier. Venez! Tuons-le et emparons-nous de l’héritage.
    21:39 Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent.
    21:40 Eh bien! lorsque viendra le maître de la vigne, que fera-t-il à ces vignerons-là?”
    21:41 Ils lui répondirent: “Il fera périr misérablement ces misérables, et il donnera la vigne en fermage à d’autres vignerons, qui lui remettront les fruits en temps voulu.”
    21:42 Jésus leur dit: “N’avez-vous jamais lu dans les Écritures: La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, c’est elle qui est devenue la pierre angulaire; c’est là l’œuvre du Seigneur: Quelle merveille à nos yeux.
    21:43 Aussi je vous le déclare: le Royaume de Dieu vous sera enlevé, et il sera donné à un peuple qui en produira les fruits.
    21:44 Celui qui tombera sur cette pierre sera brisé, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera.”
    21:45 En entendant ses paraboles, les grands prêtres et les Pharisiens comprirent que c’était d’eux qu’il parlait.
    21:46 Ils cherchaient à l’arrêter, mais ils eurent peur des foules, car elles le tenaient pour un prophète.
    TOB

  3. Mc 12,1-12
    12:1 Et il se mit à leur parler en paraboles. “Un homme a planté une vigne, l’a entourée d’une clôture, il a creusé une cuve et bâti une tour; puis il l’a donnée en fermage à des vignerons et il est parti.
    12:2 “Le moment venu, il a envoyé un serviteur aux vignerons pour recevoir d’eux sa part des fruits de la vigne.
    12:3 Les vignerons l’ont saisi, roué de coups et renvoyé les mains vides.
    12:4 Il leur a envoyé encore un autre serviteur; celui-là aussi, ils l’ont frappé à la tête et insulté.
    12:5 Il en a envoyé un autre – celui-là ils l’ont tué -, puis beaucoup d’autres: ils ont roué de coups les uns et tué les autres.
    12:6 Il ne lui restait plus que son fils bien-aimé. Il l’a envoyé en dernier vers eux en disant: Ils respecteront mon fils.
    12:7 Mais ces vignerons se sont dit entre eux: C’est l’héritier. Venez! Tuons-le, et nous aurons l’héritage.
    12:8 Ils l’ont saisi, tué et jeté hors de la vigne.
    12:9 Que fera le maître de la vigne? Il viendra, il fera périr les vignerons et confiera la vigne à d’autres.
    12:10 N’avez-vous pas lu ce passage de l’Écriture: La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, c’est elle qui est devenue la pierre angulaire.
    12:11 C’est là l’œuvre du Seigneur: quelle merveille à nos yeux!”
    12:12 Ils cherchaient à l’arrêter, mais ils eurent peur de la foule. Ils avaient bien compris que c’était pour eux qu’il avait dit cette parabole. Et le laissant, ils s’en allèrent.
    TOB

  4. Lc 20,9-19
    20:9 Et il se mit à dire au peuple cette parabole: “Un homme planta une vigne, il la donna en fermage à des vignerons et partit pour longtemps.
    20:10 Le moment venu, il envoya un serviteur aux vignerons pour qu’ils lui donnent sa part du fruit de la vigne; mais les vignerons le renvoyèrent roué de coups et les mains vides.
    20:11 Il recommença en envoyant un autre serviteur; lui aussi, ils le rouèrent de coups, l’insultèrent et le renvoyèrent les mains vides.
    20:12 Il recommença en envoyant un troisième; lui aussi, ils le blessèrent et le chassèrent.
    20:13 Le maître de la vigne se dit alors: Que faire? Je vais envoyer mon fils bien-aimé. Lui, ils vont bien le respecter.
    20:14 Mais, à la vue du fils, les vignerons firent entre eux ce raisonnement: C’est l’héritier. Tuons-le pour que l’héritage soit à nous!
    20:15 Et le jetant hors de la vigne, ils le tuèrent. Que leur fera donc le maître de la vigne?
    20:16 Il viendra, il fera périr ces vignerons et confiera la vigne à d’autres.” A ces mots, ils dirent: “Non, jamais!”
    20:17 Mais Jésus, les regardant en face, leur dit: “Que signifie donc ce texte de l’Écriture: La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, c’est elle qui est devenue la pierre angulaire?
    20:18 Tout homme qui tombe sur cette pierre sera brisé, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera.”
    20:19 Les scribes et les grands prêtres cherchèrent à mettre la main sur lui à l’instant même, mais ils eurent peur du peuple. Ils avaient bien compris que c’était pour eux qu’il avait dit cette parabole.
    TOB

  5. Jn 10,11-15
    10:11 “Je suis le bon berger: le bon berger se dessaisit de sa vie pour ses brebis.
    10:12 Le mercenaire, qui n’est pas vraiment un berger et à qui les brebis n’appartiennent pas, voit-il venir le loup, il abandonne les brebis et prend la fuite; et le loup s’en empare et les disperse.
    10:13 C’est qu’il est mercenaire et que peu lui importent les brebis.
    10:14 Je suis le bon berger, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent,
    10:15 comme mon Père me connaît et que je connais mon Père; et je me dessaisis de ma vie pour les brebis.
    TOB

  6. Jn 12,24
    12:24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas, il reste seul; si au contraire il meurt, il porte du fruit en abondance.
    TOB

  7. Jn 1,29
    1:29 Le lendemain, il voit Jésus qui vient vers lui et il dit: “Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.
    TOB

  8. 1 P 2,21-25
    2:21 Or, c’est à cela que vous avez été appelés, car le Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple afin que vous suiviez ses traces:
    2:22 Lui qui n’a pas commis de péché et dans la bouche duquel il ne s’est pas trouvé de tromperie;
    2:23 lui qui, insulté, ne rendait pas l’insulte, dans sa souffrance, ne menaçait pas, mais s’en remettait au juste Juge;
    2:24 lui qui, dans son propre corps, a porté nos péchés sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice; lui dont les meurtrissures vous ont guéris.
    2:25 Car vous étiez égarés comme des brebis, mais maintenant vous vous êtes tournés vers le berger et le gardien de vos âmes.
    TOB

  9. 1 P 2,21
    2:21 Or, c’est à cela que vous avez été appelés, car le Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple afin que vous suiviez ses traces.
    TOB

  10. Mt 16,24
    16:24 Alors Jésus dit à ses disciples: “Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive.
    TOB

  11. Mc 8,34
    8:34 Puis il fit venir la foule avec ses disciples et il leur dit: “Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive.
    TOB

  12. Lc 9,23
    9:23 Puis il dit à tous: “Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive.
    TOB