Chantier catéchétique en France Aller au cœur de la foi

En France, les évêques proposent aux communautés chrétiennes un renouvellement en profondeur de la catéchèse.  

Catéchèse en crise

La catéchèse est éprouvée non seulement au Québec mais aussi en France. Là aussi, on constate une rupture de la transmission de la foi, perceptible par plusieurs symptômes (baisse d’inscriptions au catéchisme paroissial, émergence d’une génération sans culture ni passé religieux…)

Cette crise a aussi un côté positif : des personnes font à l’Église des demandes de formation catéchétique qui ne s’inscrivent pas dans les schèmes habituels. Ici une jeune de 20 ans demande le baptême, là des adultes veulent cheminer pour réfléchir et intérioriser, sans pour autant « pratiquer ».

Démarche de réflexion et de partage

Les évêques de France ont pris le taureau par les cornes et ont proposé en novembre 2002 à toutes leurs communautés une démarche intitulée « Aller au cœur de la foi – Questions d’avenir pour la catéchèse ».

Son but est simple : renouveler la pratique de la catéchèse en France en la redonnant aux communautés chrétiennes.

En quoi consiste cette démarche? En une expérience de foi inspirée de la Vigile pascale, divisée en 4 étapes :

Réflexion et prière personnelles, ateliers et échanges, célébrations et partages de foi ont ponctué la démarche vécue à la grandeur de l’Hexagone pendant au moins 1 an. Par la suite, tant les personnes que les groupes étaient invités à envoyer aux évêques leurs réactions et recommandations.

Résultats de la démarche

Au 1er mai 2004, le secrétariat de l’épiscopat avait reçu au moins 1683 contributions provenant de tous les coins de la France. Une synthèse globale de ces écrits a été préparée. En voici quelques points…

En tout premier lieu, on fait remarquer que « on apprécie l’invitation faite à prendre la parole, à donner son avis, à partager la réflexion. » Il semble aussi que « la référence au Mystère pascal a emporté l’assentiment général, comme repère fondateur et gage de renouveau. »

De plus, « l’aspect le plus souligné par les contributions est le passage obligé par les communautés chrétiennes » et pour citer le rédacteur de la synthèse, « on a compris que l’Église devient le sujet de la catéchèse (…) les écrits fournissent moins des recettes à mettre en œuvre qu’ils ne parlent de la nécessité de réformer la vie de l’Église. » (Tabga, 4/2004, p. 41)

Ce qui faisait dire à Monseigneur Michel Dubost, président de la commission épiscopale de la catéchèse et du catéchuménat : « Nous avons gagné le pari d’intéresser à la question de la catéchèse au-delà du milieu catéchétique… Les discussions ont permis que les communautés chrétiennes prennent davantage conscience de leur responsabilité… » (Tabga, 3/2004, p. 43)

Vers un plan d’action

En novembre 2004, les évêques français réunis à Lourdes ont accueilli cette synthèse et débuté l’élaboration d’un « Texte national pour l’orientation de la catéchèse en France ». Ce document est destiné aux responsables de la catéchèse et plus largement aux responsables pastoraux.

Ce document, qualifié de « plan d’action », définira une « visée commune pour les années à venir, de manière à unir les efforts et à travailler dans une perspective d’ensemble. » (Jean-Claude Reichert in Tabga, 4/2004, p. 43)

Il comportera 2 parties :

Prochaine étape? Au cours de 2005, un comité rédige ce texte national qui sera soumis éventuellement aux évêques de France.

Points communs Québec-France

Cette remise en question française de la catéchèse présente quelques similitudes fort éclairantes avec le chantier catéchétique québécois.

Comme au Québec, la catéchèse en France…

Désormais, tant au Québec qu’en France, la catéchèse doit se « décloisonner » pour s’ouvrir à de nouvelles réalités :

De plus, des 2 côtés de l’Atlantique, on prend conscience du rôle irremplaçable de l’ensemble de la communauté chrétienne dans la catéchèse. Proposer la foi en Jésus-Christ et former à la vie chrétienne est la tâche de tous les croyants rassemblés en Église. Partout, la communauté est appelée à devenir catéchisante.

Enfin, il me semble que les évêques français ont fait preuve de sagesse en suggérant un temps prolongé de prière, de réflexion et de concertation à toutes leurs communautés. Celles-ci ont pu être sensibilisées au défi actuel de la catéchèse et interpellées sur leur responsabilité catéchétique.

Les catéchètes, quant à eux, ont pu retourner au « cœur de la foi » et ressaisir le centre de leur mission. Par la suite seulement, ils ont fait connaître à leurs pasteurs leurs réactions et leurs avis. Les évêques ont eu raison de privilégier en quelque sorte « l’être » avant le « faire ».

Il vaut donc la peine de suivre l’évolution de la situation catéchétique outre-Atlantique et d’attendre avec impatience ce texte d’orientation sur la catéchèse que signeront les évêques de France.